Nous débutons aujourd’hui une série d’article sur “Le Pouvoir du Détournement”. Trois campagnes pour illustrer cette notion, trois cas primés à La Nuit des Rois 2026 :
- L’agneau à plumes de Visa
- La relation cachée du Toulouse Football Club (parution à venir)
- Luggage People par Corsair (parution à venir)

Nous démarrons avec la campagne de “L’agneau a plumes” par Visa avec l’agence Marcel, qui a su séduire le Grand Jury par son ingéniosité à reprendre les codes des fakes news pour interpeller et alerter sur les fraudes en lignes.
Ce cas a été primé de la couronne d’Argent dans la catégorie “Publicité – Idea First”
Contexte
En 2025, près de 3 consommateurs européens sur 5 déclarent avoir été victimes de fraude. Avec l’essor de l’IA générative, les arnaques changent d’échelle : deepfakes, contenus hyperréalistes, publicités mensongères.
On a beau le savoir, on se fait encore avoir…
En France, les seniors sont les 1ères cibles de ces arnaques. Les fraudeurs utilisent des “boomer traps” : des images générées par IA publiées sur Facebook, où 43 % des +55 ans sont présents, pour repérer les profils les plus crédules avant de les contacter en message privé.
Dans ce contexte, Marcel s’est demandé comment Visa, acteur historique de la sécurité des paiements, pouvait agir pour combattre cette nouvelle fraude.
L’idée
Piéger pour mieux protéger.
En effet, on retient plus une expérience lorsqu’on la vit, et surtout plus qu’un conseil vu ou entendu.
Si les fraudeurs utilisent l’IA pour piéger les seniors, Visa l’utilise pour révéler le piège et éduquer contre les arnaques en ligne. Visa et Marcel ont décidé de piéger les internautes seniors en reprenant la méthode des arnaqueurs pour éviter qu’ils ne se fassent piéger ensuite pour de vrai.
Le dispositif
La méthode des arnaqueurs est simple. Ils publient des images générées par IA, souvent irréalistes, sur les réseaux sociaux, puis observent les réactions. Les personnes qui commentent ou interagissent sont identifiées comme vulnérables et deviennent des proies. Elles sont ensuite contactées en message privé, redirigées vers des sites frauduleux ou encouragées à transmettre leurs données bancaires.
Visa a repris les mêmes codants pour éveiller les esprits – en publiant sur Facebook, via un compte anonyme, de fausses images générées par IA, absurdes mais très réalistes, comme un agneau recouvert de plumes. Chaque visuel est accompagné d’un message encourageant à commenter pour avoir du soutien. Afin d’être sûr de s’adresser en priorité aux seniors, certains contenus ont été sponsorisés pour cibler les +55 ans.

Lorsque l’internaute commente, Visa lui révèle la supercherie pour lui donner conscience du danger. La marque lui envoie alors une vidéo pédagogique et le redirige vers une page de son site dédiée à la fraude et révélant les bons réflexes à adopter pour détecter les arnaques.
Les résultats
En quelques jours, la campagne a généré plus de 500 000 interactions pour une portée de 2,09 millions de personnes, avec un taux d’engagement moyen de 24 %, largement supérieur aux standards du social media.
Plus de 324 000 réactions, 20 000 commentaires et 17 000 partages ont été enregistrés, dont une part significative de seniors ayant cru à l’authenticité des visuels.
330 personnes se sont même abonnées au compte fictif, preuve du pouvoir de persuasion de ces contenus.
Au-delà des performances, la campagne a permis d’identifier des profils vulnérables et de les équiper en amont avec les bons outils pour se protéger contre les fraudes. Elle constitue la première étape du programme européen « Can You Trust What You See Online » de Visa sur la prévention des fraudes à l’ère de l’IA.

Visa détourne ici les codes des fake news pour créer un réflexe de vigilance. Une nouvelle démonstration que le détournement est souvent moins une question de support que d’intention. On peut noter aussi que la pédagogie devient un véritable territoire de marque. Ce sera l’objet d’une future série à venir…
