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La fin de la décision

Credit Shutterstock pathdoc

Nous vivons un bouleversement qui n’affecte pas uniquement les marques, mais l’ensemble de la société. Consciemment ou inconsciemment, par confort, avec plaisir ou sans le savoir ,nous abdiquons nos choix aux algorithmes, inaugurant par là une ère nouvelle : la fin de la décision.

“Les consommateurs dans les marchés concurrentiels ont toujours eu le dernier mot” selon Stephen King de J. Walter Thomson...Aujourd’hui, ce sont les algorithmes qui ont le dernier mot.

L’ère du choix privatisé

Révolution de la subscription economy, boutons de réapprovisionnement, choix de playlists, choix de lectures, apps de dating, opinions politiques, choix universitaires, les algorithmes prennent de plus en plus de décisions à la place des humains. Nous vivons à l’ère du choix privatisé 

Le monde du travail est aussi impacté.  Les algorithmes d’Amazon remplacent aussi les cols blancs : après avoir régenté les entrepots, ils s’attaquent aux cadres dirigeants du siège social  avec comme KPI vertigineux, de meilleures décisions.

Des marques de modes comme Lot 2046 s’attaquent également aux choix automatisés pour gérer pour nous le goût à l’ère de l’hyperchoix...Le pitch de son fondateur et CEO Vadik Marmeladov est simple” Toute technologie devrait savoir ce dont vous avez besoin et ce que vous voulez mieux que vous”....

Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrr….

RIP decision

L’Implication de la fin de la décision est vertigineuse. La décision comme expression d’une individualité se meurt et inaugure le paradoxe ultime de la personnalisation : celui de la mort du libre arbitre.

Elle ouvre aussi de nouvelle questions, particulièrement dans la mode et la beauté : la moyennisation d’un style fait-elle un goût ?

Laisserons nous les algorithmes devenir les nouveaux arbitres des élégances ?

T’inquiète, j’ai outsourcé les décisions dans le cloud !

De plus en plus les algorithmes dévorent le choix, et le constat de Franklin Foer  auteur de “A world without Mind” est sans appel :

“Nous avons commencé à externaliser notre travail intellectuel à des entreprises qui suggèrent ce que nous devrions apprendre, les sujets que nous devrions considérer et les articles que nous devrions acheter.”

Il ajoute sous forme de mise en garde : “Le problème est que lorsque nous outsourçons les pensées aux machines, nous outsourçons les pensées aux organisations qui font les machines”.

Il y a quatre ans nous posions, un peu naïvement cette question “Faut-il un CSA des Algorithmes ”...Aujourd’hui, devant l’ampleur du sujet et la surpuissance des Big Techs algorithmisées face aux états nations impuissants, nous poserions différemment la question : “Faut-il un ONU des algorithmes” ?

Credit Shutterstock Jirsak

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