KPMG publie la première édition de son AI Pulse Survey , une enquête trimestrielle internationale sur le déploiement de l’IA dans les entreprises menée auprès de 2 110 dirigeants dans 20 pays :
- À l’échelle mondiale, l’IA s’impose comme un investissement incontournable : 95 % des entreprises interrogées disposent d’une stratégie IA et 64 % déclarent déjà en tirer des bénéfices réels, mais seules 8 % affichent un retour sur investissement mesurable ;
- En France, les entreprises privilégient une trajectoire plus méthodique et progressive, avec une priorité donnée à la sécurisation des fondations technologiques : infrastructure IT et cloud (58 %), cybersécurité et sécurité des données (53 %) et opérations (50 %). Au niveau mondial, cette logique se confirme : 43 % des dirigeants identifient la gestion des risques (données et cybersécurité) comme le principal défi et 74 % se disent préoccupés par ces enjeux, tandis que les fonctions IT (66 %) et opérations (55 %) concentrent une part importante des efforts d’intégration de l’IA ;
- En France, la création de valeur liée à l’IA reste principalement centrée sur des usages opérationnels : productivité, automatisation, optimisation des processus et gains d’efficacité. Les usages d’aide à la décision et analytiques sont moins prioritaires, cités par 27 % des organisations françaises, contre 41 % au niveau mondial.

Si l’IA poursuit son accélération – 95 % des entreprises dans le monde disposent d’une stratégie IA et 64 % déclarent déjà en tirer des bénéfices réels –, seules 8 % affichent un retour sur investissement mesurable. En France, cette dynamique suit une trajectoire plus méthodique et progressive, centrée sur la consolidation des fondations technologiques, réglementaires et humaines.
À l’échelle mondiale, les entreprises continuent d’investir massivement dans l’IA. L’investissement moyen prévu sur les douze prochains mois atteint 186 millions de dollars, avec des niveaux particulièrement élevés en Asie-Pacifique (245 millions de dollars), devant le continent américain (178 millions de dollars) et la zone EMEA (157 millions de dollars).
En France, une trajectoire méthodique, centrée sur les fondations technologiques
En France, cette dynamique suit une trajectoire spécifique, d’abord centrée sur la consolidation du socle nécessaire au déploiement de l’IA. Les trois priorités d’investissement IA des entreprises françaises sont l’infrastructure IT et cloud (58 %), la cybersécurité et la sécurité des données (53 %), puis les opérations (50 %). Cette hiérarchie traduit une volonté de sécuriser les déploiements avant d’en accélérer l’extension.
Cette approche s’appuie sur un niveau de confiance solide : 70 % des entreprises françaises se déclarent confiantes dans leur capacité à gérer les risques liés à l’IA, contre 65 % au niveau mondial. Elle s’accompagne toutefois d’une vigilance accrue. 52 % pourraient réévaluer leur stratégie d’investissement IA en raison de risques liés à la protection des données et à la cybersécurité, contre 45 % au niveau mondial. Par ailleurs, 45 % des entreprises françaises citent les craintes réglementaires et de conformité comme un frein au déploiement de l’IA agentique, soit 15 points de plus que la moyenne mondiale.
Une création de valeur encore centrée sur l’exécution
En France, la création de valeur liée à l’IA reste principalement centrée sur des usages opérationnels : productivité, automatisation, optimisation des processus et gains d’efficacité. Les usages d’aide à la décision et analytiques sont moins prioritaires, cités par 27 % des organisations françaises, contre 41 % au niveau mondial.
La mesure de la valeur reste également plus complexe : 50 % des entreprises françaises déclarent rencontrer des difficultés à mesurer les bénéfices indirects de l’IA, contre 44 % à l’international. Pour autant, l’innovation constitue une priorité plus affirmée en France qu’au niveau mondial : 36 % des organisations françaises en font un axe stratégique, contre 27 % à l’échelle internationale. Cette dualité illustre une dynamique encore en construction : les entreprises expriment une ambition de transformation, mais doivent encore renforcer l’intégration de l’IA aux processus métiers pour passer à des usages plus structurants.
Des projets pilotes au passage à l’échelle
À l’échelle mondiale, le défi n’est plus seulement de déployer des outils IA isolés, mais de les intégrer dans des systèmes coordonnés, gouvernés et capables de fonctionner à grande échelle. Selon l’étude, 39 % des entreprises explorent ou pilotent des agents IA, 32 % les déploient ou les mettent à l’échelle, et 26 % orchestrent déjà plusieurs agents à travers des flux de travail ou construisent des systèmes multi-agents.
En France, ce changement d’échelle reste un défi organisationnel, technologique et humain. Les principaux freins concernent la complexité du passage à l’échelle au sein des métiers et fonctions (39 %), le manque de compétences techniques et de ressources dans les équipes (38 %) et l’intégration avec les systèmes et processus existants (36 %).
La montée en compétences apparaît donc déterminante : 45 % des entreprises françaises identifient le manque de formation comme un frein à l’adoption de l’IA, contre 37 % au niveau mondial. Ces résultats confirment que la prochaine étape ne repose pas uniquement sur la technologie, mais sur la capacité des organisations à structurer leur stratégie IA, leur gouvernance et leurs compétences.
Damien Allo, Associé, Membre du Directoire, Responsable du métier Conseil et de la stratégie IA chez KPMG France :
« Les organisations françaises et internationales disposent aujourd’hui de fondations solides pour faire de l’IA un véritable levier de création de valeur à grande échelle. Le défi n’est plus d’expérimenter, mais de transformer ces bases en modèles intégrés, capables de générer de la performance durable, tout en tenant compte des spécificités locales en matière de régulation et de protection des données. »
___________________________________________________________________________
Méthodologie
L’enquête trimestrielle AI Pulse Survey de KPMG a été mené en ligne du 19 février au 17 mars 2026 auprès de 2 110 dirigeants, membres de comités exécutifs et cadres dirigeants, issus d’organisations réalisant au moins 100 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel, répartis dans 20 pays et 8 secteurs d’activité.
