Converteo dévoile le 1er benchmark des agents IA e-commerce en France

À l’approche du pic commercial de fin d’année (Black Friday, Noël), le premier Benchmark des Agents IA e-commerce de Converteo, cabinet de conseil en data, digital et IA, mené auprès de plus de 170 acteurs du e-commerce français, prend une résonance particulière. Cet audit dresse un constat sans appel à quelques semaines des pics de trafic : si la révolution de l’IA conversationnelle est bel et bien amorcée, l’autonomie transactionnelle des assistants reste, à date, à l’état de concept, un retard que les e-commerçants n’ont plus le temps de rattraper avant la fin d’année.

Illustration Philip Oroni sur Unsplash

Un marché en croissance, une révolution technologique à l’horizon

Avec 196,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et une croissance de +7% par rapport à l’année précédente, le e-commerce français confirme sa dynamique ininterrompue depuis dix ans. Dans ce contexte de forte compétition, dominé par Amazon, Temu et les géants du low-cost asiatique, l’intelligence artificielle s’impose comme le prochain levier de différenciation majeur.

82 % des e-commerçants français déclarent avoir déjà intégré l’IA générative à leurs processus. Et du côté des consommateurs, le basculement est en marche : 31 % des cyberacheteurs français, et jusqu’à 49 % des 15-24 ans, utilisent déjà l’IA générative dans leur parcours d’achat en ligne. C’est dans ce contexte d’effervescence que Converteo a décidé d’aller au-delà des effets d’annonce pour dresser un état des lieux factuel et objectif du marché.


Quatre enseignements majeurs

1. Adoption réelle : un quart du marché équipé, mais un potentiel encore largement sous-exploité

Derrière l’omniprésence médiatique du sujet, les chiffres invitent à la nuance. Sur les 170 marques auditées, seulement 22 % sont aujourd’hui équipées d’un assistant IA. Cette proportion monte à 26 % si on se concentre sur le Top 100 du e-commerce français. Si ce chiffre peut paraître modeste, il traduit surtout la jeunesse d’un marché en phase d’amorçage. Les signaux d’accélération sont là : les chatbots restent plébiscités par 40 % des acheteurs[4] comme canal de service client privilégié, et la demande consumériste ne cesse de progresser.

2. Des scores très hétérogènes : la Beauté, la Mode et la Maison creusent l’écart

L’audit révèle un marché profondément inégal. Évalués sur 100 points selon quatre piliers (accessibilité et visibilité, capacité transactionnelle, intelligence métier et data, maturité en IA générative), les assistants obtiennent des scores s’étalant de 12 à 83 sur 100. Les scores moyen et médian, respectivement 46 et 50 sur 100, témoignent d’un marché davantage en marche que simplement balbutiant, mais seuls 10 % des acteurs franchissent la barre symbolique des 50 points.

Trois secteurs se distinguent nettement : la Beauté/Santé (18/100 en moyenne), la Mode (13/100) et la Maison/Jardin & Brico (13/100). Ces industries bénéficient d’une triple conjonction favorable : des paniers moyens permettant d’amortir le coût de l’IA, des volumes de ventes digitaux massifs, et des besoins d’accompagnement forts. Et pour cause, la composition d’une tenue ou la rénovation d’un intérieur ne s’improvisent pas. À l’autre extrémité, la Culture (1/100) et les Jeux/Jouets (3/100) accusent un retard significatif.

3. L’autonomie transactionnelle : le grand angle mort du marché

C’est l’enseignement le plus frappant de ce benchmark : aucun des assistants audités ne permet aujourd’hui de finaliser un achat directement depuis l’interface conversationnelle. À peine plus d’un tiers d’entre eux autorisent l’ajout au panier. Le score moyen sur le pilier “Capacité transactionnelle” atteint péniblement 25 sur 100, contre 62 sur 100 pour l’accessibilité et la visibilité. La fonctionnalité la plus répandue reste, dans les faits, la simple redirection vers des fiches produits qui est embarquée par 79 % des assistants.

Ce constat prend une résonance particulière à l’heure où Google déploie son Universal Commerce Protocol (UCP), un standard conçu pour permettre aux IA de gérer des transactions de bout en bout. Amazon, en rejoignant l’UCP, prépare d’ores et déjà son assistant Rufus à franchir ce cap. Les e-commerçants qui tardent à développer des capacités transactionnelles prennent le risque d’un décrochage stratégique rapide. Un risque d’autant plus vif à l’approche du Black Friday et des fêtes de fin d’année, période où l’assistance à l’achat est la plus sollicitée.

4. La confiance : talon d’Achille du commerce agentique

Si la sophistication technologique progresse, un obstacle de taille freine encore l’adoption à grande échelle : la confiance. 71 % des consommateurs s’inquiètent de l’usage de leurs données personnelles, et 57 % nourrissent des doutes sur la neutralité commerciale des agents IA. Plus préoccupant : si 47 % des clients font confiance à un assistant en phase d’avant-vente, ils ne sont plus que 30 % à l’étape du règlement.

La solution existe pourtant : plus de 60 % des consommateurs déclarent accorder davantage leur confiance à un assistant capable de citer clairement ses sources et de justifier ses recommandations. Or, aujourd’hui, 40 % des assistants audités sont encore incapables de sourcer leurs réponses. Un impératif de transparence que les marques ne peuvent plus se permettre d’ignorer.

« Le e-commerce agentique n’est pas une promesse lointaine, c’est une réalité qui est déjà en construction », déclare Laurent Nicolas-Guennoc, CMO de Converteo. « Notre benchmark montre que les acteurs français ont posé les premières briques, mais que le saut vers l’autonomie transactionnelle et la confiance des consommateurs reste le vrai défi à relever d’ici la fin d’année, à l’approche des pics d’achat du Black Friday et de Noël. . Les marques qui investissent sur le sujet dès aujourd’hui prendront donc une avance décisive. »