RH

Entreprise : je t’aime moi non plus

Par Guillaume de Villèle, fondateur de OnTrust, cabinet de freelances digitaux.  Il accompagne les annonceurs dans leurs enjeux digitaux en leur proposant les meilleurs experts indépendants.

 

Selon une récente étude d'OpinionWay, les français sont 38 % à ne pas aimer leur entreprise. Un chiffre en hausse de sept points par rapport à 2017. Et ce, alors même que les entreprises n’en ont jamais fait autant pour le bien-être de leurs salariés. Simple désamour ou tendance durable ? Pour Guillaume de Villèle, fondateur d’OnTrust, cabinet de free-lance digitaux, « ni les tables de ping-pong ni les chief hapiness officiers ne changeront la donne… Au mieux ils ralentiront la vague, mais ne l’arrêteront pas. » Parce ce que, selon ce spécialiste du marketing digital, « c’est avant tout une question de quête de sens ». Entre désamour de l’entreprise et besoin de reconnaissance, il nous partage son analyse.

Des bureaux qui donnent envie

Le bien-être dans les bureaux : c’est l’argument que les géants du web ont développé ces dernières années. Canapés, baby-foots, cuisines gratuites… Les ténors de l’économie traditionnelle ne sont pas en reste, misant sur l’architecture, l’aménagement des locaux et l’organisation des espaces pour favoriser le travail d’équipe. Mais, études à l’appui, il semble que ces démarches de l’entreprise en faveur du bien-être au travail ou de l’amélioration de l’environnement de travail n’aient aucun effet sur l’attachement des salariés à leur entreprise. Pourquoi ? Parce que la désaffection de l’entreprise est une vrai tendance de fond. Nous l’observons tous les jours chez nos clients comme que les free-lance que nous accompagnons.

On se sent comme des pions…

Les nouveaux modes collaboratifs mis en œuvre dans les entreprises les amènent, malgré elles et de façon paradoxale, à devenir des machines. Des machines dans lesquelles les salariés ont l’impression d’être des soldats interchangeables dans un process qui les dépasse. « On se sent comme des pions », entend-on souvent. Le travail en « mode projet », devenu le maître mot dans les entreprises, en est-il la cause ? Sans doute un peu. Ces projets, pilotés de plus en plus en méthode agile, recréent in fine des silos au sein de l’entreprise. Le risque du travail en mode projets, c’est alors de tomber dans la technicité. Et donc de perdre le sens du travail… 

Le sens en question

Nous avons tous besoin de sens. Et c’est sans doute là le fondement majeur de ce désamour de l’entreprise. En nous concentrant sur le « comment » et sur l’immédiat, on perd progressivement le sens du « pourquoi ». Un pourquoi qui donne pourtant l’orientation et qui concrétise le caractère tangible de l’action ainsi que sa raison d’être. 

Je rêve d’être free-lance !

Conséquence : les salariés sont de plus en plus nombreux à choisir les startups ou le travail indépendant. Ce n’est pas réservé qu’à la génération Y, à la recherche d’autonomie. Aujourd’hui les free-lance représentent 10% de la population des entreprise : c’est la conséquence de temps trop longs en entreprise et de la prédominance du process sur la personne.

L’entreprise plurielle ?

Dans cette quête de sens et de reconnaissance, quel est alors avenir pour l’entreprise ? Le parallèle avec la société est très net. L’homme est malmené. Il faut donc s’attacher à redonner du sens au collaborateur, en plaçant la stratégie avant la tactique, le pourquoi avant le comment. Les RH ont un rôle central à jouer dans cette dynamique.

Face à cette tendance et aux besoins d’expertises croissants, l’entreprise de demain ne sera plus la même : mêlant salariés et freelances, elle sera plurielle.

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