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Oreegami, l’école du marketing digital à inclusion sociale. Interview des fondateurs Carine Huissier et Yann Gabay

Nous proposons une série de deux entretiens pour deux associations du digital qui font du bien.

Nous démarrons aujourd'hui par Oreegami, l'école du marketing digital a inclusion sociale.

 

Carine Huissier et Yann Gabay, deux figures bien connues du digital, ont lancé au début de l'été Oreegami.

L'idée : former gratuitement des jeunes talents originaires de milieux sociaux modestes, en échec dans leur recherche d’emploi, en les aidant à démarrer professionnellement en intégrant le développement personnel et les soft-skills.

Le projet a été très favorablement accueilli par la communauté professionnelle et tout de suite plusieurs partenaires se sont engagés à recruter des étudiants : RESONEO, IProspect, Publicis Media, Digital Keys, Sutter Mills, Bastions, Nitch Design.

- Pourquoi Oreegami ?

Yann Gabay : Il y a 8 mois, après avoir donné des cours dans un certain nombre d'écoles de commerce, j'ai été fortement déçu à la fois par la qualité du projet pédagogique et la faible diversité au sein des étudiants. Il s'agissait d'alternants, et la plupart déplorait une certaine inadéquation entre ce qu'ils faisaient en entreprise et ce qu'ils apprenaient à l'école. De plus, j'étais surpris que peu de ces écoles n'accorde d'importance à l'étudiant en tant qu'individu, en l'aidant à se développer et à se préparer au monde de l'entreprise.

Je ne jette pas la pierre aux établissements concernés, ils ont sûrement des contraintes que j'ignore et des objectifs parfois divergents, et certains d'entre eux évoluent dans le bon sens... mais toujours est-il qu'il y avait là matière à créer quelque chose de nouveau pour tenter de corriger quelques trajectoires.

Après plusieurs mois de réflexion sur la forme que cela devait prendre, et après être passé par quelques projet dont l'ambition dépassait largement mes moyens, j'ai fini par définir les contours de l'actuel Oreegami : une passerelle innovante entre l'éducation et l'emploi, dédiée prioritairement à ceux qui n'ont pas eu les mêmes chances que d'autres à cause de leur milieu social d'origine. J'ai eu la chance de rencontrer une experte en développement comportemental, Sabrina Bouraoui, qui a fini de convaincre que la clé était dans l'accompagnement des individus.

 

Carine, avec qui j'ai eu la chance de travailler pendant 4 ans chez NetBooster, m'a très vite aidé à finaliser la forme du projet, et nous avons tout naturellement décidé de poursuivre l'aventure ensemble.

 

Carine Huissier : J'ai toujours été tentée par l'éducation et depuis quelques années je me suis intéressée à de nouvelles formes de pédagogie, en particulier à l'enseignement de Maria Montessori. En parallèle durant mes années en agences médias, j'ai toujours privilégié le recrutement de personnalités hors des sentiers battus. Je suis convaincue que la diversité sous toutes ses formes est une richesse pour une entreprise. Quand Yann m'a raconté le projet, j'ai clairement vu le moyen de lier des motivations qui me tiennent à coeur.

 

Le recrutement en agence de ce type de profils est toujours compliqué et de nombreux postes restent ouverts longtemps. Les équipes en place prennent sur leur temps pour former des stagiaires qui issus d'une grande école de commerce n'avaient pas appréhender le métier opérationnel. Dans ce contexte quelle opportunité de créer une passerelle pour l'emploi avec des jeunes diplômés issus de cursus généralistes d'une résilience sans faille!

- Pouvez-vous expliquer comment ça fonctionne ?

Yann Gabay : L'école est conçue comme nous aurions aimé la trouver en tant que dirigeants d'agence media. Pour l'instant, nous sélectionnons nos candidats parmi les jeune diplômés BAC+3 minimum qui ont grandi dans des zones prioritaires. La résilience de ces jeunes est impressionnante, et nous trouvons parmi eux des profils particulièrement adaptés aux métiers du marketing digital. Les étudiants passent ensuite par 3 mois de formation intensive : 1 mois pour comprendre l'écosystème du marketing digital, et 2 mois pour apprendre et pratiquer un métier. Pendant ces 3 mois, ils participent également à des ateliers de développement personnel. A la fin de la période de formation, ils sont placés en entreprise et sont rémunérés, l'entreprise paye la formation à ce moment là, ainsi qu'une prime à l'école si elle embauche l'étudiant à la fin des 4 mois. Nous avons créé un modèle à la performance... on ne se refait pas !

Carine Huissier : Il nous semblait primordial de développer le savoir-être en parallèle du savoir-faire, ce qui étonnamment existe très peu dans les écoles actuelles. Le candidat reste accompagné par nos coach durant son immersion en entreprise.

- Où en êtes-vous à date ?

Carine Huissier  : Nous nous sommes rapprochés cet été de l'association NQT pour identifier des profils. Nous avons ensuite utilisé l'application Assesfirst pour sélectionner les candidats, ce qui nous a permis d'assurer une base de compétences et un état d'esprit en adéquation avec les métiers que nous proposons. En effet notre formation étant intense, nous nous devions de sélectionner des esprits capable d'appréhender rapidement toutes ces connaissances et pratiques. Nous avons reçu 200 candidatures dont une soixantaine de candidats qui correspondaient à nos critères, et je vous avoue que le choix a été rude ! Départager autant de motivation et de parcours remarquables n'a pas été une mince affaire. Nous avons hâte d'ouvrir notre académie avec notre première promotion le 17 septembre.

 

Yann Gabay  : Le programme d'Oreegami est également finalisé, et nous sommes en train de sélectionner les meilleurs intervenants pour accompagner nos étudiants. Nous avons créé un programme qui se veut à la fois classique dans la nature des sujets transmis, et original dans la manière dont ils seront transmis. La première session est l'occasion d'expérimenter de nouvelles formes de pédagogies assez innovantes, que nous allons chercher auprès d'experts et de chercheurs dans ces domaines, tout en restant le plus simple possible. Nos cours sont presque tous en présentiel, mais nous développons également une version en ligne en partenariat avec la plateforme Apolearn, pour permettre aux étudiants de revenir sur les sujets quand ils le souhaitent.

- Quels sont les projets de développement ?


Yann Gabay : Aujourd'hui, la proportion d'enfants d'ouvrier passe de 25% en primaire à 13% en université, 7% en classe préparatoire et 3% dans les écoles normales supérieures... il y a donc de quoi faire avec Oreegami pour apporter un peu d'équilibre.

 

Tout ce que nous faisons est documenté et "plateformisé", ce qui devrait permettre à terme de dupliquer assez facilement le modèle. Même notre organisation, inspirée d'Holacracy, est très facile à comprendre et à dupliquer tout en souplesse. Nous nous sommes particulièrement bien entourés (Designers, Facilitateurs, advisors...) pour obtenir un framework complet et agréable à utiliser.

 

Notre parcours de développement personnel est conçu par Sabrina Bouraoui, qui a travaillé plusieurs années dans la Silicon Valley et apporte une approche très fraiche et très intéressante. C'est également elle qui nous aide sur la partie organisation.

 

Nous avons également soigné notre présentation visuelle grâce au travail de Nicolas "Nitch" Hiltgen, un designer UX/UI de talent avec lequel je travaille depuis près de 20 ans et qui nous accompagne sur cette partie.

 

Toute cette émulation est très enrichissante et cela fait plaisir de voir comment chacun s'investit autour d'Oreegami, parce que tout simplement il y a un sens, nous espérons donc que le projet fera rapidement des petits.

En savoir plus : Oreegami

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