L’IA va-t-elle vraiment tuer l’emploi ? (Enquête Staff & Go)

Le grand public associe souvent « IA » à « destruction d’emplois ». Et si, au lieu de gonfler les marges, elle finissait par alléger la facture du consommateur ?

Staff & Go, plateforme française de gestion RH, a interrogé* 3 017 professionnels (2 103 dirigeants, DRH, RRH, responsables paie, responsables administratifs, office managers, indépendants ou personnes en lien avec un cabinet comptable) et 914 représentants de cabinets comptables afin de comprendre comment l’intelligence artificielle transforme réellement leurs coûts, leurs outils et leurs équipes. Les résultats montrent que les dirigeants, eux, comptent réinvestir dans l’humain (ou baisser leurs prix).

« Le message des professionnels est clair : les gains de l’IA doivent revenir au client. Pour l’instant, pourtant, c’est l’inverse qui se produit — l’IA promettait des économies, elle alourdit l’addition, et les clients attendent encore leur part du gâteau. Le verdict est tout aussi limpide sur les outils : place à la simplification et à l’unification au sein d’une même plateforme, avec une nette préférence pour des solutions européennes de confiance. Et sur l’emploi, les dirigeants sont formels : l’IA ne remplacera pas les équipes, elle les fera grandir. » Fouad Sevimli, cofondateur de Staff & Go

Illustration de Julien Tromeur sur Unsplash



Oui : l’IA rime avec baisse des prix

Bien loin du procès en destruction d’emplois, les entreprises voient au contraire dans l’IA un levier de pouvoir d’achat. En effet, 38 % des sociétés estiment qu’elle devrait faire baisser les prix de leurs produits ou services, soit 3 fois plus que celles redoutant une hausse (11 %). Même les cabinets comptables, plus prudents, placent la baisse tarifaire (27 %) devant l’augmentation des tarifs (18 %).


Une IA qui paradoxalement gonfle la facture

Même si les professionnels espèrent une IA synonyme d’économies, le budget dit cependant l’inverse. Ainsi, 34 % des entreprises — et jusqu’à 41 % des cabinets comptables — ont vu leurs dépenses logicielles augmenter depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle, contre seulement 2 % des entreprises et 3 % des cabinets comptables qui constatent une baisse. De plus, un cabinet sur quatre (24 %) jongle désormais avec plusieurs abonnements IA supplémentaires qui s’empilent sur l’existant.


Les éditeurs de logiciels gardent-ils les gains pour eux ?

À la question « Estimez-vous que les éditeurs de logiciels partagent avec leurs clients les gains de productivité qu’ils réalisent eux-mêmes grâce à l’IA ? », le verdict est sans appel : 61 % des entreprises et 69 % des cabinets comptables estiment que les éditeurs conservent les gains de productivité tirés de l’IA, que ce soit pour gonfler leurs marges (respectivement 34 % et 38 %) ou réinvestir sans baisser leurs prix (27 % et 31 %). À peine 10 % des entreprises et 2 % des cabinets constatent de véritables baisses de prix.


Plus d’un cabinet comptable sur deux jongle avec plus de 10 outils

L’empilement logiciel atteint des sommets. Ainsi, 51 % des cabinets comptables utilisent aujourd’hui plus de 10 outils distincts pour leur activité. Un chiffre qui grimpe à 56 % si l’on ajoute ceux qui en ont « trop pour les compter ». Côté entreprises, près de six entreprises sur dix (59 %) en cumulent au moins six. La multiplication des abonnements est donc devenue la norme et démontre que la simplification est plus que jamais un véritable enjeu stratégique.


Ras-le-bol des abonnements, vive la plateforme unique

La demande massive est elle aussi sans ambiguïté : 58 % des entreprises et 65 % des cabinets comptables rêvent de regrouper leurs outils indispensables dans une seule et même plateforme, proposant un prix réduit. Qui plus est, la connexion à une IA généraliste pour tout piloter d’un seul endroit séduit déjà 44 % des cabinets.


Une confiance dans l’IA qui passera par la transparence

Sur ce marché en pleine mutation, la maîtrise des données reste fragile : seulement 19 % des entreprises vérifient systématiquement où et par qui leurs données sont traitées, contre 31 % des cabinets comptables, plus vigilants. Surtout, pour près d’un professionnel sur cinq (19 % des entreprises), l’incertitude sur la protection des données est un frein qui les fait renoncer à certains outils IA.


Les professionnels plébiscitent le made in Europe pour les données

Pour confier leurs données à une IA, les professionnels font d’abord confiance à la proximité. En effet, 41 % des entreprises et 52 % des cabinets comptables privilégient un éditeur français ou européen, gage de souveraineté. Les grands acteurs internationaux, eux, ne convainquent que 5 à 9 % des répondants.


Non, l’IA ne va pas tuer l’emploi !

Contrairement au discours ambiant et bien loin de sacrifier l’emploi, les dirigeants comptent affecter en priorité les gains de l’IA à la formation et la montée en compétences (37 % des entreprises, 45 % des cabinets), devant l’augmentation des salaires (31 %) et le lancement de nouveaux produits ou services (28 %). Ainsi, les deux premières priorités concernent toutes deux l’humain, bien avant l’amélioration des marges (26 %).

À peine 2 % des entreprises et 3 % des cabinets comptables comptent réduire leurs effectifs à cause de l’IA. À l’inverse, une écrasante majorité — 58 % des entreprises et 63 % des cabinets — affirme qu’elle maintiendra ses équipes. Pour eux, l’IA les rend plus efficaces sans supprimer de postes, et plus d’un sur cinq prévoit même de recruter.

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