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Génération Y : petit vade-mecum à l’usage de la génération X

Depuis quelques années, le monde de l’entreprise s’émeut de l’apparition en son sein d’une nouvelle génération de travailleurs nés entre 1980 et 1990. Une génération “d’ingérables” qui devrait selon l’INSEE représenter 40% des actifs en France en 2015.

Cette nouvelle génération dont je fais partie est montrée du doigt car elle ne veut pas rentrer dans le rang. Autour des Y, les clichés foisonnent, nos comportements étonnent, on “énerve” ou l’on passionne mais pourquoi donc ?

Je ne crois pas aux générations spontanées mais je crois à un effet de contexte.

Nous autres nés entre 1980 et 1990, nous avons été façonnés par les mêmes bouleversements : nous avons subi la crise, la globalisation intensive de l’économie, participé aux révolutions technologiques, nous avons forgé nos modes de raisonnement sur Internet…

Le monde autour de nous est en train de changer profondément, aussi nous avons été les premiers à intégrer ces changements dans nos comportements. Notre résistance au modèle de l’entreprise classique exprime le fait que les règles du jeu du monde de l’entreprise sont encore inadaptées selon nous au monde en devenir.

A 25 ans, j’ai déjà eu l’occasion de collaborer directement avec des dizaines de managers dans des secteurs et organisations variés (de la start-up au grand groupe international en passant par la PME) et cela jusqu’à créer récemment ma propre entreprise.

Je suis convaincue que nos “défauts” peuvent se révéler être de précieux atouts pour une entreprise dans la nouvelle compétition digitale et globalisée à condition qu’il y ait de l’écoute et qu’on accepte que l”on puisse étonner.

Aussi, quand on nous appelle rebelles ou impatients, je pense que la hiérarchie, les process actuels ne sont souvent pas adaptés à l’agilité requise pour évoluer dans le monde en devenir. Ils ne laissent pas suffisamment de place à la créativité, sont inefficaces face à une société qui s’est complexifiée et présentent des effets de bords coûteux pour l’entreprise (déresponsabilisation des individus, création de silos entre les services, réunionnites, rétention d’information,…)

Nous avons besoin de liberté d’action, de pouvoir donner notre avis sur les projets, d’une certaine autonomie et de pouvoir exercer une communication débridée. Avec tout cela, nous pouvons devenir d’une efficacité redoutable.

Technophiles et hyper-connectés, nous avons vécu et vivons la révolution technologique de l’intérieur.
Notre vision sur les questions digitales peut donc être source d’enseignements significatifs pour les entreprises qui veulent tirer partie de la nouvelle donne digitale.

Nous considérons que notre épanouissement personnel n’est pas négociable, on nous considère alors comme individualistes et persos. Je pense personnellement que nous sommes (pour la plupart) devenus pragmatiques. Pragmatiques car nous savons que le job à vie n’existe plus, que les chances de subir une rupture professionnelle sont plus élevées qu’avant donc nous cherchons à maintenir un équilibre entre vie privée et vie professionnelle. En parallèle, nous pouvons offrir plus de flexibilité sur les horaires par exemple.

Ainsi pour nous, la négociation n’est pas nécessairement induite par un conflit, c’est un mécanisme business d’échange “normal”.

Quand on nous appelle procrastinateurs,  je pense que ce comportement est surtout consécutif à un ennui et à un manque de responsabilités, de reconnaissance. Nous pouvons être des moteurs pour les entreprises à condition de croire en ce que nous faisons (trouver du sens) et que nous soyons responsabilisés dans nos tâches.

Et vous, comment vous adaptez-vous aux Y dans votre entreprise ?

Lucie Pinzano

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