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Travail, RH, entrepreneuriat : comprendre les valeurs de la Gen Z

La Génération Z est la toute dernière entrée sur le marché du travail, puisque née entre 1996 et 2010. C’est aussi une génération plus pessimiste et anxieuse qui aspire à une transformation profonde du travail, pour privilégier son bien-être et ses valeurs. Zoom sur ces valeurs de la Gen Z, sur sa volonté de transformer le monde de l’entreprise et de se lancer elle-même dans l’entrepreneuriat.

Photo de Ketut Subiyanto, via Pexels

La rémunération est importante mais n’est plus suffisante

Pour la majorité des 16-25 ans (53%) le salaire est toujours le critère n°1 dans le choix d’un emploi. C’est en tout cas ce qui ressort d’une enquête menée par Diplomeo (plateforme dédiée à l’orientation pour l’enseignement supérieur de HelloWork Group) auprès de 2 541 jeunes Français âgés de 16 à 25 ans, interrogés entre le 24 mars et le 11 avril 2022.

Mais d’autres critères gagnent en importance. En priorité l’intérêt pour le poste (41% des répondants) et l’équilibre offert entre vie privée et vie professionnelle (40%).

Une recherche d’épanouissement dans un monde du travail angoissant

On comprend aussi à travers cette étude que la Génération Z est inquiète pour son avenir professionnel. Mais aussi qu’elle aimerait que son travail soit un facteur d’épanouissement.

Tout d’abord, entrer sur le marché du travail est déjà source d’angoisse. Ainsi la majorité de 16-25 ans est préoccupée par son insertion professionnelle (61%) et plus de la moitié a peur de ne pas trouver un travail en adéquation avec leurs études.

(Source : Diplomeo)

On notera que les femmes se déclarent plus inquiète que les hommes (67 % contre 52 %) et plus attentives à leur santé mentale (une priorité pour 63 % des femmes contre 43% des hommes).

Parmi leurs craintes, que le nombre de postulants sur le marché intensifie la concurrence. Cette génération a donc pleinement conscience que ses choix de formation doivent contribuer à son employabilité (78% des répondants).

Et l’enjeu va au-delà de la dimension financière, puisque 73% voient dans le monde professionnel « une opportunité de s’épanouir ». Cet épanouissement serait signe de réussite professionnelle pour 85% des jeunes. C’est là qu’il est important de comprendre ce que le mot épanouissement recouvre dans le contexte de cette étude. A savoir travailler sur des missions en adéquation avec ses valeurs et que son employeur se préoccupe du bien-être des équipes.

Les valeurs de la Gen Z

Parmi ces valeurs prioritaires pour les 16-25 ans : la lutte contre les discriminations et le racisme (76%), l’égalité femmes/hommes (68%), l’écologie (56%).

32 % des 16-25 ans affirment d’ailleurs que la crise climatique et les questions de transition écologique influencent ou ont influencé leur projet professionnel.

On comprend que cette recherche de valeurs au travail est en fait une recherche de sens. Ainsi 76% des répondants seraient prêts à accepter un travail moins bien payé s’il a du sens pour eux.

(source Diplomeo)

A la recherche du bien-être au travail

La Gen Z recherche aussi un employeur qui s’engage pour le bien-être au travail (80% des répondants), pour l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle (68%) et sur le développement tout au long de la carrière (2 répondants sur 3).

Lucidité ou pessimisme : 27% a aussi peur de ne pas trouver un travail en adéquation avec ses valeurs.

Des réponses que l’on peut mettre en parallèle de l’étude Ipsos de janvier 2021 sur la santé mentale des 18-24 ans. On y découvrait que la Gen Z se dit plus pessimiste à propos de son avenir que ses parents. Et que ce sentiment s’est accentué depuis la crise sanitaire. Plus largement, cette étude faisait le constat alarmant que 32 % des 18-24 ans ont un trouble de santé mentale. Soit 11 points de plus que l’ensemble de la population française. Dont 44% un trouble anxieux généralisé, et 21% des troubles dépressifs modérément sévères ou sévères.

Une force de transformation qui passe aussi par l’entrepreneuriat

D’ici 2025, la génération Z devrait occuper 50 % des postes en entreprise. Une estimation de Élodie Gentina, dans son livre « Génération Z : Des Z consommateurs aux Z collaborateurs » (Dunod, 2018). Elle a donc un poids pour faire respecter ses valeurs et changer les pratiques en entreprise. La Gen Z recherche ainsi plus de transparence et une communication sincère (critère numéro 1 de choix d’une future entreprise pour 46% des Gen Z d’après Diplomeo/HelloWork Group, avec une proximité sans artifices, et un environnement agréable). 

A moins que les Gen Z ne décident d’être leurs propres patrons, puisque beaucoup sont attirés par l’entrepreneuriat. Déjà aux Etats-Unis 62% des « Gen Zers » déclarent qu’ils ont lancé ou ont l’intention de lancer leur propre entreprise. (source WP Engine, (2020) Generation Influence: Reaching Gen Z in the New Digital Paradigm)

(Source : WP Engine )

Près de la moitié des membres de la génération Z (48 %) multiplient aussi les petits boulots et activités qui constituent la « hustle economy ». (Source étude Wakefield Research pour Microsoft “Small Business State of Mind” avril 2022, réalisée auprès de 1000 entrepreneurs de moins de 25 salariés). Nombre de ces activités se recoupent avec l'essor du marketing sur les médias sociaux. On constate ainsi un lien fort entre l’utilisation de TikTok et le fait d’avoir des activités annexes (48% des répondants utilisant Tiktok ont des « side hustles », contre 27% s’ils n’utilisent pas Tiktok). Tiktok étant aussi utilisé par la Gen Z comme un outil pour se former aux pratiques du business (65% des Gen Z entrepreneurs s’en servent comme outil de formation, contre 33% de l’ensemble des petits entrepreneurs).

(source Microsoft)

Penser au bien commun contribue aussi à une meilleure santé mentale

Ce que l’on retient aussi de cette photographie de la Gen Z par Microsoft c’est sa volonté d’avoir un impact positif sur la société. Ainsi 50% des entrepreneurs de la génération Z placent le « bien commun » parmi leurs trois principales priorités professionnelles, parmi une liste d'options comprenant la stabilité financière, la croissance et l'expansion de l'entreprise, l'image de marque/la réputation, la durabilité environnementale et la notoriété.

Dans un contexte mondial qui impacte négativement la santé mentale, en particulier des Gen Z mais de l’ensemble de la population, l’entrepreneuriat peut être une bouffée d’oxygène. Ainsi 82 % des propriétaires de PME de la Génération Z affirment que le fait de privilégier le bien commun a contribué à la croissance de leur entreprise, et 52 % que cela a eu un impact positif sur leur santé mentale.

Séverine Godet

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