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USI Keynote : Nicolas Bouzou, (Economiste) : Futur du travail, des loisirs et de l’oisiveté

 

Nicolas Bouzou, économiste, était invité à s’exprimer sans langue de bois sur le futur du travail et délivrait mardi lors de l’USI  organisée par Octo Technology une Keynote intitulée “2020 : société du travail, du loisir ou de l'oisiveté ?”

“La peur de la fin du travail a le même âge que le travail”

Et Nicolas Bouzou, en contre-pied des inquiétudes actuelles ne croit pas, mais alors pas du tout à la fin du travail.  Pour lui, “La peur de la fin du travail a l’âge du travail”. Elle date du début de notre ère et de Vespasien, ardent technophobe lors de la reconstruction de rome.

C’est une peur récurrente que l’on a retrouvé sous différentes formes lors de la renaissance et de la révolution industrielle. Et cette crainte atavique est intimement liée aux grandes phases de destruction d’emplois.

“Il y aura des destructions d’emplois”

Evidemment pour Nicolas bouzou, il y aura des destructions d’emplois. La révolution des technologies cognitives va détruire énormément d’emplois mais on ne sait pas précisemment dans quelle proportion et à quelle vélocité.

Pour lui, la grande question de l’époque renvoie à celle posé par Keynes en 1930 dans “Perspective économique pour nos petits enfants” : pouvons nous créer plus d’emplois que nous en détruirons ?

Car pour Nicolas Bouzou, s’il peut y avoir un chômage technologique, il sera nécessairement de nature transitoire.

Pour cela, en économiste libéral, il s’appuie sur l’économie du déversement et les thèses d’ Alfred Sauvy qui lient gains de productivité, hausses de salaires et création de pouvoir d’achat dans une cascade vertueuse.

“Pour un emploi créé dans les NBIC vous avez 5 emplois créés par les effets du déversement”

De plus rappelle t-il, les sociétés déjà très imprégnées de robotique et d’Intelligence artificielle comme la Corée du Sud connaissent un taux de chômage faible.

“ Il ne faut pas mettre sur la technologie le résultat de mauvaises politiques publiques” insiste Nicolas Bouzou.

Que reste t-il aux hommes ?

Ce qu’il reste aux humains selon Nicolas Bouzou ce sont des avantages clés

  • Les prises de décision en environnements complexes
  • La capacité d’interaction sociale
  • La créativité

Pour lui l’art peut certes être créé par des machines mais pas au sens Hégélien de l’esthétique qui insère “des valeurs humaines dans les matériaux sensibles”.

Quid de l’IA Forte ?

Même en cas d’IA forte, et il reste de nombreuse incertitudes quant à la vitesse de diffusion de l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale : l’homme pourra toujours en vertu des avantages comparatifs se spécialiser dans un domaine dans lequel il excelle.

“Le principe de spécialisation ne changera pas le travail”. Il y aura toujours une complémentarité entre l’IA et l’homme, tant qu’il existe des besoins et tant que les facteurs de production ne sont pas les mêmes.

“Il ne faut pas que le travail disparaisse”

Nicolas Bouzou livre pour finir un vibrant plaidoyer en faveur du travail inspiré d’Hegel : “Le travail est ce qui nous humanise” rappelle t-il. Les gens qui ne travaillent pas sont malheureux.

“Le travail c’est notre participation au monde”...

...”Il ne faut pas démissionner sur la question du travail” conclut-il.

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