22 % des Français jugeraient difficile de renoncer à leur abonnement de streaming musical

Alors que la rentrée marque le retour des nouveautés culturelles, la nouvelle étude de l’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations, réalisée en partenariat avec Viavoice, révèle que les Français restent attachés à la culture, malgré un contexte économique tendu. Près de deux tiers d’entre eux déclarent avoir cherché à réduire leurs dépenses culturelles au cours des douze derniers mois. Pour autant, ils ne tournent pas le dos à la culture : près d’un Français sur deux considère d’ailleurs le mois de septembre comme un temps fort pour découvrir de nouvelles œuvres. Plutôt que de renoncer, ils adaptent leurs pratiques, arbitrent davantage leurs dépenses et recherchent les solutions les plus accessibles.

Photo de Ervo Rocks sur Unsplash


La culture, un besoin essentiel malgré les contraintes économiques

Bien plus qu’un simple loisir, la culture conserve une place centrale dans la vie des Français. Ainsi, 62 % considèrent que, même dans un contexte économique contraint, elle reste un besoin essentiel qu’ils refusent de sacrifier. Elle constitue également un moyen précieux de partager des moments avec leurs proches pour 65 % et une manière de s’évader en période d’incertitude pour 76 % d’entre eux. Cette importance se manifeste notamment à travers la musique : 71 % des Français déclarent en écouter de manière hebdomadaire qu’il s’agisse de streaming, de radio ou de supports physiques comme les CD et les vinyles. Le streaming musical, justement, s’impose comme un poste que les jeunes générations ne veulent plus lâcher. 22 % des Français jugeraient difficile de renoncer à leur abonnement en cas de baisse de budget, un chiffre qui grimpe à 40 % chez les moins de 35 ans, soit presque le double. Les 18-24 ans se distinguent par leurs préférences, puisque 61 % d’entre eux plébiscitent le rap, le hip-hop et les musiques urbaines. 

Cette place accordée à la culture s’inscrit aussi dans une logique de transmission : 79 % des Français jugent fondamental de transmettre le goût de la culture à leurs enfants. Malgré le développement des usages numériques, 77 % restent par ailleurs attachés aux formes physiques, comme le livre papier, la salle de cinéma, le disque ou les jeux de société. Les Français ne sont donc pas seulement attachés aux contenus culturels, mais aussi aux objets, aux lieux et aux expériences qui les accompagnent. 


Des stratégies d’adaptation et de nouvelles façons d’accéder à la culture 

Au cours des douze derniers mois, 62 % des Français ont cherché à faire des économies sur au moins un poste culturel. Cette proportion atteint 83 % chez les moins de 35 ans. Le cinéma est le premier poste concerné, cité par 38 % des répondants, devant les livres, bandes dessinées et mangas ainsi que les abonnements de streaming vidéo, à 34 % chacun. 

La culture reste néanmoins une dépense régulière : 82 % des Français lui consacrent un budget chaque mois. Pour une majorité, celui-ci demeure toutefois limité puisque 62 % dépensent moins de 50 euros mensuels, dont 30 % moins de 20 euros, tandis que 10 % déclarent ne disposer d’aucun budget culturel – une proportion qui atteint 15 % chez les foyers aux revenus modestes. Parmi eux, 38 % consacrent moins de 20 euros par mois à la culture. 

Pour continuer à profiter de la culture sans augmenter leurs dépenses, les Français multiplient les solutions. Ils sont 66 % à attendre les promotions, les soldes ou la sortie d’un livre en format poche, 59 % à assister à des événements culturels gratuits et 53 % à acheter des biens d’occasion. Près de la moitié emprunte également des livres, des films ou d’autres biens culturels en bibliothèque ou en médiathèque. Le streaming, lui aussi, se contourne : 53 % des Français utilisent des plateformes gratuites avec publicité (73 % chez les moins de 35 ans) et 35 % partagent un abonnement avec leur entourage, une pratique qui concerne deux tiers des moins de 35 ans. Ces pratiques traduisent moins un renoncement qu’une transformation des habitudes : les Français comparent davantage et combinent achats neufs, occasion, emprunt et gratuité.


Le livre, valeur refuge des Français

Dans cet univers culturel, le livre occupe une place particulière. En cas de diminution de leur budget, il constitue le poste auquel les Français auraient le plus de difficultés à renoncer : 35 % jugeraient difficile de s’en passer, devant les abonnements de streaming vidéo et le cinéma. Cette proportion atteint 42 % chez les femmes.

La lecture reste par ailleurs largement installée dans les habitudes : 71 % des Français déclarent avoir lu un roman, un essai ou un récit au cours des douze derniers mois. Le roman arrive largement en tête des genres les plus lus, cité par 58 % des répondants. Les grandes surfaces culturelles jouent un rôle majeur dans cet accès au livre. Elles représentent le premier lieu d’achat cité par les Français, à 41 %, devant les librairies indépendantes ou spécialisées à 27 %, les achats d’occasion à 23 % et les sites ou applications en ligne à 22 %. Cette préférence dépasse le seul rayon livres : les grandes surfaces culturelles arrivent également en tête pour l’achat de matériel de loisirs créatifs (43 %) et de musique sous format physique (39 %). 

« Cette étude dit quelque chose de très simple : les Français font des arbitrages, mais ils ne veulent pas renoncer à la culture. Notre responsabilité, en tant que distributeur, est de faire en sorte que le prix ne devienne pas un obstacle à la découverte. À la rentrée comme tout au long de l’année, nous devons continuer à rendre les livres, la musique, les jeux et les sorties culturelles accessibles au plus grand nombre », déclare Michel-Édouard Leclerc, Président du Comité stratégique des centres E.Leclerc.

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Méthodologie :

Étude réalisée par Viavoice pour l’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations auprès d’un échantillon grand public de 1 000 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine. Les interviews ont été réalisées en ligne du 17 au 20 juillet 2026. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de région et de catégorie d’agglomération.