L’IA s’ancre dans le pilotage transverse des organisations (Étude KPMG)

En 2026, l’IA devient un levier stratégique et opérationnel pour les grandes entreprises françaises : 60 % d’entre elles ont déployé un dispositif de pilotage transverse pour franchir le cap de l’industrialisation. 86 % des organisations ont également validé une charte d’usage responsable de l’IA, souvent portée par le COMEX. La gouvernance IA devient ainsi une priorité stratégique, condition essentielle pour intégrer durablement l’IA au cœur des processus, outils et prises de décisions afin d’accélérer la performance. C’est l’un des principaux enseignements de la 2ᵉ édition de l’étude Trends of AI menée auprès de 356 décideurs français, par Les EnthousIAstes, think tank et laboratoire d’innovation et KPMG, acteur majeur de l’Audit, du Conseil et du Droit et Fiscalité. 

L’étude Trends of AI offre une lecture transverse de l’adoption de l’IA dans huit fonctions clés de l’entreprise : Finance, Marketing, IT, RH, Relation Client, Achats, Supply Chain & Production, Risque & Conformité. 



Les enseignements majeurs de l’édition 2026  :  

  1. Les fonctions Marketing, IT et Relation Client sont les plus avancées en matière d’adoption d’IA au sein des organisations. Le Marketing et l’IT se positionnent de nouveau comme les champions de l’adoption de l’IA en entreprise ; 
  2. De l’expérimentation à l’Entreprise Intelligente : 60 % des organisations disposent désormais d’un dispositif transverse pour passer l’IA à l’échelle. Ainsi, l’IA change d’échelle et devient un facteur de différentiation stratégique. La phase des expérimentations dispersées laisse place à un besoin de modèle intégré, transversal et industrialisé. Les entreprises cherchent à structurer durablement leurs décisions, leurs processus et leurs compétences autour d’un cadre cohérent, pour créer de la valeur et garantir la conformité à l’échelle globale. Cette transformation structurelle nécessite de nouveaux arbitrages et ouvre la voie à une nouvelle génération de pratiques qui préfigurent l’Entreprise Intelligente ; 
  3. Un net progrès dans la mesure du ROI : alors que seul 1/3 des répondants savaient mesurer le ROI en 2025, cette seconde édition de l’étude souligne que désormais 2/3 des organisations ont la capacité de mesurer le ROI ; 
  4.  L’IA est d’abord utilisée sur des usages à faible risque (contenu, assistance, traduction, analyse) avant d’être étendue à des processus plus sensibles (finance, RH, supply chain, risques). L’industrialisation reste encore limitée dans plusieurs fonctions et peine à sortir des usages liés aux gains d’efficacité ; 
  5. Des gains rapides de productivité : dans le Marketing, la Relation Client, les RH ou l’IT, l’IA génère des bénéfices opérationnels visibles (productivité, qualité, réactivité).  

Une adoption de l’IA qui s’accélère avec différents niveaux de maturité  :  

Finance : une adoption réelle mais encore exploratoire 

La fonction finance avance avec méthode. L’IA est d’abord mobilisée pour renforcer la formation, la gestion des connaissances et la qualité des données, avant d’être envisagée sur des processus plus sensibles.  

Le chiffre : 38 % des entreprises interrogées ont déployé ou testent actuellement l’IA pour les cas d’usages relatifs à la formation et au développement des connaissances. 

Marketing : des usages concentrés sur le contenu 

La fonction Marketing conserve sa place de championne en matière d’adoption de l’IA dans les organisations, mais son usage reste fragmenté et majoritairement centré sur la création et l’adaptation de contenus. 

Le chiffre : Le résumé de conversations et la traduction de contenus ont chacun été déployés dans 59 % des entreprises interrogées. La génération de contenus quant à elle, a été déployée chez 55 % d’entre elles, contre 7 % pour les prévisions des ventes et des stocks.  

IT : un pilier stratégique en cours d’industrialisation 

Pour les directions IT, l’IA s’impose comme un levier structurant. Après une phase d’expérimentation, les entreprises amorcent une industrialisation progressive, centrée sur la productivité et la fiabilité, tandis que les usages les plus complexes restent exploratoires.  

Le chiffre : Dans 45 % des entreprises interrogées, la part du budget IT dédiée aux projets IA pour l’ensemble des fonctions est inférieure à 3 %. 

Ressources Humaines : des usages ancrés dans le quotidien 

Dans la fonction RH, les outils de GenAI se sont installés durablement dans les pratiques quotidiennes, améliorant la réactivité et la qualité perçue des services. Toutefois, leur contribution à une transformation structurelle de la fonction reste limitée. 

Le chiffre : 37 % des entreprises testent l’IA pour la préqualification de CV, tandis que seulement 4 % l’ont déjà déployée.  

Relation Client : des gains opérationnels rapides 

L’IA est désormais bien engagée dans la relation client. Les entreprises l’intègrent au cœur de leurs opérations pour renforcer la productivité des équipes et améliorer la qualité des interactions, avant d’aborder des cas d’usage plus avancés. 

Le chiffre : La rédaction assistée de messages est déjà déployée par 29 % des entreprises, devant la traduction multilingue qui est déployée chez 17 % d’entre elles. 

Achats : l’IA comme levier de visibilité et d’anticipation 

Dans la fonction achats, l’IA est adoptée en priorité là où elle permet de réduire l’incertitude et d’améliorer la visibilité sur les fournisseurs. Les usages à impact rapide sont privilégiés, tandis que les sujets plus sensibles restent en réflexion. 

Le chiffre : 17 % des entreprises ont déployé des cas d’usage d’IA relatifs aux appels d’offre, qu’il s’agisse de leur élaboration ou de la synthèse des réponses. 

Supply Chain & Production : une adoption encore exploratoire 

Les fonctions Supply Chain et Production restent globalement en phase exploratoire. Si les cas d’usage sont identifiés, leur industrialisation demeure marginale, faute de fondations technologiques suffisantes. 

Le chiffre : 30 % des entreprises ont développé ou mis en test des cas d’usage d’IA dans la simulation et l’aide à la décision pour réagir face à des ruptures d’approvisionnements 

Risque & Conformité : passer de l’expérimentation au déploiement 

L’adoption de l’IA est bien engagée dans les fonctions Risque et Conformité. Les équipes cherchent désormais à maximiser les apports de l’IA tout en préservant les exigences de fiabilité, de conformité et de traçabilité. 

Le chiffre : 44 % des entreprises interrogées ont déjà adopté l’IA pour la traduction automatique d’entretiens et la rédaction de compte-rendu, contre 18 % pour la détection d’anomalies dans des données ou documents volumineux. 

Damien Allo, Associé KPMG en France, membre du Directoire, à la tête de l’activité Conseil et en charge de l’IA :

« Cette seconde édition de notre étude Trends of AI, menée avec les EnthousIAstes, révèle un point de bascule : l’IA s’est diffusée et devient un accélérateur de performance pour les entreprises françaises. Pour les dirigeants, la création de valeur se joue désormais sur la capacité à piloter des modèles intelligents dans un cadre de confiance, où l’esprit critique et le discernement guident la prise de décision et accompagnent la gestion des risques. L’investissement dans des solutions performantes et dans la gestion d’une data de qualité seront déterminants ».

 Étienne Lecoeur, co-fondateur des EnthousIAstes : 

« Cette édition 2026 marque un véritable changement de nature : l’IA sort du registre de l’innovation isolée pour devenir un sujet d’organisation, de gouvernance et de choix structurants. Ce que montre l’étude, c’est que les entreprises ne se demandent plus s’il faut adopter l’IA, mais comment l’inscrire durablement dans leurs pratiques, leurs métiers et leur modèle de performance, sans perdre de vue la confiance et la conformité ».

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Méthodologie : 

Questionnaire coconstruit avec 100 experts C-level issus de grandes entreprises en France. Etude menée en qualitatif et en quantitatif sur un total de 356 répondants de septembre à octobre 2025. 62% des répondants sont des directeurs ou membres du Comex dont 47 % travaillent dans des Grands groupes et 36 % dans des ETI en France.