Nous avons rencontré Adrien Boyer, SVP EMEA chez Seedtag.
Entre croissance, innovation dans la publicité neuro-contextuelle et un plaidoyer pour une approche plus responsable de la publicité digitale, il nous livre sa vision du marché et les avancées de la scale-up

Quelques mots sur Seedtag ?
Fondée en 2014, Seedtag s’est imposée comme un leader de la tech européenne dans le domaine de la publicité contextuelle, et plus récemment, de la publicité neuro-contextuelle, une catégorie que l’entreprise a elle-même créée. Nous comptons 700 employés répartis dans 16 pays/ Seedtag a connu une croissance significative : une augmentation de 44% en CAGR sur 2022-2025 globalement, et de 18% en EMEA.
Quel positionnement ?
Soutenu par Advent, qui a injecté plus de 250 millions il y a trois ans, Seedtag se positionne comme un acteur multicanal, présent sur l’open web, la vidéo et la Connected TV. L’entreprise agit comme un maillon essentiel entre la demande et l’offre, intégrant plus de 30 000 publishers premium. Notre technologie permet de capter des signaux contextuels et neuro-contextuels tels que l’intérêt, l’émotion et l’intention, afin de faire correspondre les marques et leurs messages publicitaires avec des audiences pertinentes.
Un point intéressant mérite d’être noté : malgré l’abondance de données dans le digital, seulement 25% des marketeurs estiment bien comprendre leur audience. Cette lacune est due à un parcours client fragmenté, la disparition des cookies et un manque d’insights actionnables. Seedtag adresse ce problème en se concentrant sur le matchmaking entre le contenu et l’état d’esprit cognitif du lecteur. Il s’agit de chercher une résonance cognitive plutôt que de traquer les individus.
Seedtag est très assertif sur l’importance d’une publicité responsable, notamment au regard des enjeux géopolitiques et réglementaires en Europe. L’entreprise estime que l’efficacité publicitaire ne réside pas dans le traçage des utilisateurs, mais dans un retour aux fondamentaux de la publicité : associer un message publicitaire à un état d’esprit, une intention ou une émotion.
Quel est votre marché ?
Le marché adressable en Europe, hors social, search et retail media, représente encore 25 milliards d’euros.
Seedtag se positionne comme un acteur éthique. Nous générons de la performance tout en respectant les fondamentaux de la publicité. L’entreprise a l’intention de poursuivre sa croissance sur cette trajectoire.
Où en êtes-vous en matière d’Agentique ?
Seedtag a lancé son agent, baptisé Liz, qui est un agent qui permet de résoudre les frictions dans la collaboration entre Seedtag et ses clients, agences ou annonceurs. Cet outil interne, connecté à leur stack de données, permet d’analyser un brief, de définir automatiquement des audiences, d’établir des benchmarks concurrentiels et d’activer des campagnes. La vision est de rendre cet agent accessible aux agences pour faciliter l’activation des données de Seedtag et de ses audiences neuro-contextuelles.
Il s’agit bien de permettre une intégration profonde avec les agences et les annonceurs pour combiner nos données avec leurs données first-party, et d’ajouter une couche neuro-contextuelle qu’ils n’ont pas. L’idée est d’offrir ainsi une identification d’audiences et une activation sans friction.
Qu’est-ce que la publicité neuro-contextuelle et quelle est sa portée ?
Le neuro-contextuel est une innovation au coeur de notre stratégie. Il se différencie du contextuel standard par une analyse beaucoup plus granulaire. Alors que le contextuel se limite souvent à l’analyse de mots-clés et de catégories IAB, le neuro-contextuel de Seedtag déploie plusieurs algorithmes de manière concomitante. L’entreprise scanne plus de 100 millions d’URL chaque jour, identifiant plus de 20 émotions et 11 000 catégories contextuelles. Cela permet une compréhension fine des nuances, par exemple, dans la catégorie “Sustainability”, de distinguer les éco-anxieux des défenseurs de l’environnement, et d’adapter les messages publicitaires en conséquence. Cette approche permet un matchmaking plus pertinent et efficace, tout en respectant la vie privée (Privacy First) et la sécurité des marques (brand safety).
Quelques chiffres tangibles ?
Nous sommes sur l’ensemble du funnel publicitaire. En déployant notre technologie sur des articles ou des vidéos, l’entreprise utilise des algorithmes pour comprendre l’intérêt (notoriété), l’émotion (mémorabilité, brand recall) et l’intention (acte d’achat).
Une étude menée auprès d’Orange en Espagne démontre des résultats significatifs en ce qui concerne
- l’association de message : + 37
- l’ad recall : +21%
- l’attention : +13,5%
Ces résultats sont en cours de déploiement et de mesure dans d’autres pays européens comme la France, l’Italie, les Pays-Bas, Dubaï, l’Angleterre et l’Allemagne.
L’agentique, phénomène global ?
Avec l’agentique, on peut anticiper un futur où chacun aura un agent personnel pour gérer les besoins quotidiens, des produits aux services. Ces agents personnels interagiront pour trouver les meilleures offres, impactant fondamentalement les places de marché existantes.
C’est un phénomène qui concerne de près la publicité et qui va bien au-delà.
