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Victoire de Margerie (Dassault Systèmes) : pour être utile, une entreprise technologique doit être comprise, visible et crédible

Le 11 février est Journée internationale des femmes et des filles de science.

A cette occasion, nous avons interviewé Victoire de Margerie, Directrice du Marketing, de la Communication et de l’Identité de Dassault Systèmes, et membre du Comité exécutif.

Dassault Systèmes a en effet lancé O’gure en octobre dernier. Il s‘agit d’une web-application gratuite, simple et ludique, à destination des collégiennes de 13 à 15 ans.

crédit : Dassault Systèmes


Quelques mots sur Dassault Systèmes ?

Dassault Systèmes est une entreprise scientifique française qui crée des mondes virtuels au service du monde réel. Dit comme ça, ça peut sembler abstrait, mais notre ambition est en réalité très concrète :  améliorer le quotidien des consommateurs, des patients et des citoyens.

Pour cela, nous développons des jumeaux virtuels, qui permettent de recréer un objet ou un système dans un environnement numérique, afin de tester des hypothèses et simuler des scénarios avant de passer à la production, comme par exemple simuler des crash-tests de voiture de manière virtuelle pour concevoir des véhicules plus sûrs, en réduisant le nombre de prototypes physiques et les coûts de développement.

Concrètement, notre rôle est d’aider les industriels à tirer le meilleur de l’IA grâce aux jumeaux virtuels, pour repenser complètement la façon dont ils conçoivent, fabriquent et exploitent leurs produits, avec à la clé des gains de productivité, de qualité et d’efficacité économique. C’est dans cette logique que s’inscrit notre collaboration avec NVIDIA annoncée la semaine dernière, qui illustre notre vision de l’IA industrielle.


Quelques chiffres ?

Avec notre plateforme 3DEXPERIENCE, nous accompagnons aujourd’hui plus de 370 000 clients, partout dans le monde, souvent sans que le grand public ne le sache. Nos technologies sont par exemple utilisées pour concevoir les baskets que nous portons, le shampoing que nous utilisons ou encore les avions que nous prenons. Elles sont présentes aussi bien dans l’industrie que dans la santé ou l’aménagement des villes, où elles contribuent à réduire les cycles de développement, les risques industriels et les investissements inutiles.

Tout cela est rendu possible grâce à notre communauté de plus de 25 000 collaborateurs à travers le monde, aux parcours très divers. La diversité et la mixité, surtout dans les métiers scientifiques, sont pour nous une priorité stratégique.

En 2024, les femmes représentaient 29,7 % de nos effectifs. Nous sommes classés 14ᵉ du SBF 120 pour la féminisation des instances dirigeantes, avec un index égalité femmes-hommes de 96/100.
Notre objectif est clair : atteindre 30 % de femmes dans l’entreprise et dans les postes managériaux d’ici 2027.


Quelle est votre politique en matière de marketing et d’innovation ?

Notre stratégie marketing et d’innovation repose sur une conviction forte : pour être utile, une entreprise technologique doit être comprise, visible et crédible. 

En arrivant chez Dassault Systèmes, j’ai rapidement réalisé que nos technologies sont déjà présentes dans le quotidien de chacun …  mais que peu de gens le savent. Nos technologies ont par exemple permis à Franck Gehry de donner vie à certaines de ses œuvres les plus iconiques, comme le Guggenheim de Bilbao ou la Fondation Louis Vuitton à Paris. À l’époque, ces bâtiments étaient presque impossibles à concevoir avec des outils classiques. Grâce aux jumeaux virtuels, il a pu transformer des idées très audacieuses en bâtiments bien réels, en maîtrisant mieux les coûts de conception et de construction malgré la complexité architecturale. C’est un bon exemple de ce que nous faisons chez Dassault Systèmes : rendre possible ce qui, hier encore, ne l’était pas.

Je me suis donc posé une question très simple : comment rendre visible un impact qui existe déjà ? J’ai donc réorienté notre communication afin de faire reconnaître notre impact au-delà du seul public professionnel et de montrer, de manière accessible et engageante, comment nos solutions répondent à certains grands défis de notre époque.

Fidèles à notre ADN d’innovation, nous avons décidé de réinventer les codes du B2B en nous inspirant du B2C : moins de discours techniques et davantage d’expériences immersives capables de stimuler l’imaginaire et de mobiliser. Mon rôle consiste justement à traduire le travail de nos ingénieurs, à rendre visibles leurs innovations et surtout leurs impacts concrets sur la société. C’est de là qu’est née la campagne The Only Progress Is Human, qui a été déployée en sept actes et dans huit pays, et pour laquelle nous avons développé des expériences qui adressent des défis sociétaux, et qui a depuis reçu 12 prix récompensant sa créativité et son impact.


Pouvez-vous nous parler de votre application O’gure ?

En tant qu’entreprise scientifique et technologique, nous faisons face à un défi majeur : la pénurie d’ingénieurs, et plus particulièrement de femmes ingénieures. 

Pour comprendre pourquoi les jeunes filles s’orientent si peu vers les sciences, nous avons mené dès 2024 des entretiens avec des adolescentes et des conseillers d’orientation. Le constat est sans appel : les jeunes filles connaissent mal les métiers scientifiques, sont peu encouragées à s’y projeter et manquent de modèles. Une étude que nous avons réalisée avec Odoxa montre que seules 9 % d’entre elles envisagent une carrière scientifique, et qu’un tiers ne sait pas précisément en quoi consistent ces métiers. Face à ce constat, nous avons estimé que nous avions un rôle à jouer.

C’est ainsi que O’gure a été lancée en octobre dernier. Il s‘agit d’une web-application gratuite, simple et ludique, qui ne collecte aucune donnée et s’adresse aux collégiennes de 13 à 15 ans.

Conçue avec elles, elle s’appuie sur leurs motivations, leurs points forts scolaires et leurs centres d’intérêt pour leur proposer, via un algorithme dédié, des pistes de secteurs et de métiers adaptés. À l’issue du parcours, chaque utilisatrice reçoit sa « carte d’identité » et peut découvrir des modèles féminins inspirants à travers une série de vidéos.

Avec O’gure, nous souhaitons participer à cet effort collectif afin de casser les stéréotypes et montrer que les sciences sont finalement partout : dans la musique, les cosmétiques, les avions …  Nous souhaitons recréer des imaginaires.


Quelle est votre vision en matière d’IA ?

Comme pour beaucoup de mes pairs, cette technologie transforme en profondeur nos métiers et nos pratiques. Mais chez Dassault Systèmes, l’IA a une dimension particulière : elle amplifie la puissance de nos jumeaux virtuels depuis plus de 40 ans.

Nous entrons dans une ère où l’intelligence artificielle ne se contente plus de prédire ou de générer : elle comprend le monde réel. Lorsqu’elle s’appuie sur la science, la physique et des connaissances industrielles validées, l’IA devient un véritable accélérateur de l’ingéniosité humaine et je suis particulièrement contente de participer à ce voyage incroyable.

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