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L’enjeu du green IT est de rendre le numérique bénéfique pour l’environnement et pour l’humain

Nous avons rencontré Nicholas Mouret, CEO de Greenmetrics.


Greenmetrics en quelques mots ?

Aujourd’hui, le green IT est un enjeu phare pour les entreprises. Pour répondre à ce besoin, Greenmetrics a développé des outils d'évaluation fiables et automatisés afin de rendre accessible la mesure et la réduction de l’impact numérique : Greenmetrics Enterprise (parc informatique et usages), Greenmetrics Analytics (sites web) et Greenmetrics Ads (campagnes marketing). Une approche scientifique avec l’appui d’un comité composé de chercheurs et d’experts et, une approche 360 pour réduire le bilan carbone numérique des entreprises.

Quelle est votre vision en matière de durable et de pollution numérique ? Quelle serait la big picture ? 

La pollution numérique et la durabilité sont deux thématiques très liées. Lutter contre les impacts négatifs du numérique c’est permettre aux activités numériques de pouvoir continuer à se développer pour qu’on puisse bénéficier de leur valeur ajoutée sur notre quotidien. 


Aujourd’hui, les outils numériques font partie intégrante de nos vies, en entreprise comme à la maison : clouds, ordinateurs, smartphones, Internet, logiciels, applications… Depuis plusieurs dizaines d’années, le secteur de l’informatique s’accroît à une vitesse exponentielle.

L’enjeu principal de la démarche du green IT est donc de rendre le numérique bénéfique aussi bien pour l’environnement que pour l’humain. Pour atteindre cet idéal de la démarche green IT, les objectifs et les enjeux sont les suivants :

  • réduire l’empreinte économique, sociale et environnementale du numérique ;
  • diminuer les nuisances du secteur du numérique à travers ses différents stades : fabrication du matériel informatique (favoriser l’éco-conception), utilisation (réduction de la consommation énergétique) et fin de vie (optimiser la gestion et récupération des déchets pour lutter contre la pollution, épuisement des ressources non renouvelables) ;
  • rendre le numérique accessible et éthique pour tous.

En termes de vision, chez Greenmetrics nous avons la conviction que l’établissement d’un bilan carbone n’est pas suffisant pour lutter contre ces impacts. Il permet, certes d’avoir une idée du volume d’émissions adressé à ce secteur mais ne permet pas de réduire profondément les émissions. Le changement passera par les métiers du numérique au sein des entreprises. 

Dès la réflexion d’un produit ou d’un service numérique, il faudra prendre en compte la dimension environnementale pour la combattre. Les indicateurs environnementaux deviendront à terme tout aussi importants que les indicateurs de performance. 

Quelle est la maturité du marché ? Où en sont les entreprises en termes d’empreinte carbone et de manière général de durable ? 

Jusqu’en 2021, l’impact du digital sur l’écosystème passait souvent sous les radars et n’était pas pris en compte dans les émissions de gaz à effet de serre rejetées par les entreprises et les particuliers. Pourtant, l’informatique et les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont quand même un impact négatif et non-négligeable sur notre environnement. En effet, le numérique représente aujourd’hui 3 à 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et 2,5% de l’empreinte carbone en France.

Toutefois, depuis le second semestre 2022, nous sentons que la thématique commence à se diffuser au niveau des entreprises grâce à trois leviers majeurs : 

  • la prise en compte du scope 3 dans le bilan carbone des entreprises qui forcent à considérer les émissions du numérique. 
  • l’engagement des départements IT à mieux maîtriser leurs impacts environnementaux.
  • pour les collectivités publiques, le décret d’application de la loi REEN. 

La verticale du numérique n’a pas de frontière. Un système numérique est similaire selon les secteurs d’activité et selon les différents pays adressés. Le green IT fait partie du top 3 des champs d’action des entreprises cherchant à minimiser leur bilan carbone. 

Selon l’étude de marché réalisée par Greenmetrics, d’après la méthodologie TAM, la taille de marché du secteur du green IT serait valorisée à 4 milliards de dollars sur l’année 2022.

A quels clients vous adressez-vous et pourquoi prennent-ils une solution comme la vôtre  ?  Jusqu’où allez-vous ? 

Nous nous adressons principalement à des grands groupes et accompagnons aujourd’hui une soixantaine de clients. Nos clients viennent de plusieurs secteurs : luxe, beauté, media, food, banques et assurance, numérique et télécommunications, retail (e-commerce).

Nous sommes les seuls à avoir une offre complète avec une méthodologie validée scientifiquement. Grâce à nos offres dédiées, nous pouvons accompagner les entreprises sur la réduction complète de leur pollution numérique.

Chaque solution Greenmetrics, mesure, analyse et propose un plan d’action pour permettre la réduction de son bilan carbone numérique.

Quels sont les kpi ?

Greenmetrics permet aux entreprises d’avoir des gains selon les périmètres choisis. 

Pour le suivi de son parc IT : allongement de la durée de vie du matériel IT d’un minimum de 6 mois pour 100% de la flotte et de 12 mois pour 40% du parc IT. D’un point de vue impact et financier, nous permettons d’éviter jusqu’à 40% d’émissions carbone générées sur les usages et l’hardware et de réduire de 25% les budgets IT de nos clients. Ces actions ont aussi des conséquences sur les autres émissions environnementales : consommation d’eau, épuisement des ressources abiotiques et consommations d’électricité. 

Concernant les sites internet : nous mesurons une réduction de l’ordre de 40% des émissions de CO2 sur le périmètre traité de nos clients et une réduction de 30% de l’énergie consommée par les visiteurs des plateformes web de nos clients.

Un cas clien ?

Prenons le cas client ASI

Entre mai et octobre 2022, le score Greenmetrics Analytics a augmenté de 22% (81/100 vs 99/100). Cette amélioration s’explique par l’application des recommandations. En effet, la plateforme propose des recommandations ciblées pour agir sur les impacts les plus énergivores et améliorer les résultats de performance.

Les efforts se sont concentrés sur l’optimisation des Javascript (ex : minimiser certains Javascript) l’approfondissement de critères d’éco-conception déjà en place (ex : respecter le quota des 40 requêtes HTTP par page) et d’autres évolution concernant le graphisme du site web (ex : utiliser des polices de caractère standards).

Ces actions ont permis de réduire l’impact carbone moyen par visite de 20% passant de 0,29 gCO₂eq à 0,23 gCO₂ eq. Pour intégrer ces quickwin et implémenter techniquement les optimisations, il a fallu 2 jours à ASI. Finalement, peu de temps pour des résultats probants, s'intégrant parfaitement dans la roadmap de développement !

Les next steps pour le marché ?

Pour le marché, c’est une généralisation de la démarche green IT. 2022 a été l’année des early adopters sur cette thématique. Nous voyons une généralisation des démarches de numérique responsable au sein des entreprises. Cette démarche est corrélée à l’arrivée de Chief Impact Officer chez nos clients qui va permettre une structuration de la démarche.

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