E-Commerce/Paiements

Le marché du paiement mobile français en effervescence

Cash, carte, sans contact, mobile, en matière de moyens de paiement et de transfert d’argent, les consommateurs ont désormais l’embarras du choix et les startups un beau terrain de jeu où innover. Intéressons-nous au paiement mobile à l’échelle mondiale, et au potentiel des startups françaises.

Monster Ztudio / Shutterstock

Sur tous les continents, un foisonnement d’applications de paiement mobile

Si les Gafam semblent mener la danse pour le développement des portefeuilles électroniques ou wallet, avec le déploiement d’Apple Pay et Google Pay, sans oublier Samsung Pay, c’est en fait l’Asie qui représente le premier marché pour l’investissement et la croissance des startups de la finance. Les moyens de paiement mobiles portent cette croissance des fintech asiatiques avec la traction des deux leaders chinois Alipay et Wechat (1 milliard d’utilisateurs).

Ce foisonnement de solutions technologiques de paiement mobile, venant de tous les continents, ne décourage pas les entrepreneurs français, bien au contraire même. Sur le podium français, on retrouve Lydia, leader français du paiement mobile avec plus d’1 million d’utilisateurs en Europe (lancé en 2013, soutenu CNP Assurance, XAnge, NewAlpha Fintech, ODDO BHF et Groupe Duval), suivi par Lyf Pay (lancée en 2017, soutenu par BNP Paribas, Crédit Mutuel, Carrefour, Auchan et Total), qui revendique 1 million de téléchargements de son application et ambitionne de détrôner Lydia d’ici 2021 avec 3,5 millions de comptes, et en troisième position Pumpkin et ses 700 000 utilisateurs (lancée en 2015 par des étudiants lillois, à l’origine destiné au remboursement « entre potes » et qui ambitionne aujourd’hui d’être une néo-banque aux services plus larges).

En France, la bataille du paiement mobile n’a pas encore eu lieu

Car du côté des consommateurs, les jeux sont loin d’être faits. Les français sont en effet encore peu nombreux à avoir adopté le réflexe du paiement mobile. En 2018, d’après le GIE cartes bancaires, seuls 10 millions de transactions avaient été réalisées par mobile, ce qui ne représente même pas 0,1% des paiements par carte effectués dans l'Hexagone. D’après les projections de Statista, en 2019, seuls 2,2% des français seraient adeptes du paiement mobile, contre 6,6% des anglais, 7,3% des Espagnols, 8% des américains alors qu’en Chine l’usage du paiement mobile est largement entré dans les habitudes avec 35,2% d’utilisateurs (Source).

Pourquoi un tel retard dans l’adoption du paiement par téléphone portable dans l’hexagone ? Les craintes liées à la sécurité des paiements mobiles ont pu dans un premier temps freiner les ardeurs des consommateurs, mais cette frontière a depuis été dépassée. Dès 2013, BNP Paribas, La Banque Postale & la Société Générale, avaient déjà lancé l’offre fédérée de paiement mobile, Paylib, qui revendique aujourd’hui 1,8 millions d’utilisateurs. Les adhérents du GIE Paylib sont aujourd’hui Crédit Agricole, BNP Paribas, La Banque Postale, Société Générale, Hello Bank!, Arkea, Boursorama Banque, Banque Populaire, Caisse d’Epargne, Crédit Mutuel et CIC.

Car les banques ont tout intérêt à tester leurs propres solutions de paiement mobile où à s’allier à des startups locales pour trouver des service innovants tout en optimisant le prix des commissions qu’elles doivent reverser sur chaque transaction. Apple Pay serait ainsi réputé exigeant en matière de dépenses de marketing et prélève donc une commission, contrairement à Google Pay et Samsung Pay.

Attention à la prochaine vague

Un nouvel entrant de poids pourrait chambouler l’équilibre de cet écosystème du paiement mobile Français. Facebook lancera en effet mi-2020 sa cryptomonnaie « Libra » ou « Global coin » (nom de code), qui permettra de réaliser des paiements dans sa marketplace et transférer de l’argent. Ce projet Facebook est soutenu par une vingtaine d’acteurs du commerce et de la banque, comme Uber, Spotify, Visa-Mastercard, Paypal, ou Free.

Banques et startups anticipent depuis longtemps cette prochaine vague du paiement mobile, portée par la technologie Blockchain, qui peut à la fois être perçue comme une menace pour le système bancaire traditionnel mais aussi une opportunité de développement de nouveaux services. Restera ensuite aux consommateurs à prioriser quelles applications ils souhaitent utiliser pour quels types de paiements, services et garanties.

SG

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