Mobile

La location de voiture fait le plein de disruption

Le marché de la location de voiture avait déjà connu plusieurs vagues de disruption avant la covid-19. La pandémie mondiale aura encore rebattu les cartes entre acteurs globaux et acteurs locaux qui nourrissent eux aussi des ambitions de croissance internationale. Faisons le point sur la course à la disruption de la location automobile : avec le lancement de Uber Rent, et les levées de fonds récentes de Virtuo, Toosla et Monk.

Uber passe la seconde avec Uber Rent

Le 28 juillet dernier, Uber s’est fait de nouveaux amis dans l’écosystème de la location de voiture, en lançant Uber Rent, son nouveau service de location de voiture de courte et longue durée. Un service assuré par des agences tierces, en partenariat avec l’irlandais CarTrawler, spécialiste des technologies pour le tourisme. La France est ainsi le 2ème pays dans le monde après l’Australie où Uber Rent est rendu disponible.

Intéressons particulièrement au partenaire technologique derrière ce lancement, qui permet de proposer un moteur de recherche et comparaison de location de voiture de courte et longue durée. CarTrawler est un acteur déjà incontournable dans le secteur du tourisme, partenaire technologique de plus de 2000 agents de voyage en ligne dans le monde et 100 compagnies aériennes, pour l’agrégation des offres de transport multimodales (avion, voiture, autocar…).

Trawler dispose donc d’une vision globale du marché de la location, qui nous aide à comprendre la dynamique actuelle du marché. Les locations de voiture continuent en effet de croître en Europe (+16.4% en juillet) ainsi qu’en Australasie, depuis 12 semaines consécutives, preuve que les consommateurs ont toujours autant envie de voyager. Les français auraient particulièrement la bougeotte après ces mois de confinement, puisque d’après Uber 71% comptaient partir en vacances en France cet été (source communiqué Uber).

Même si la situation est plus complexe aux Etats-Unis avec une baisse des locations de 5.1% en juillet, on comprend que l’industrie du tourisme est sur le chemin de la reprise. Un chemin qui sera toutefois long car d’après CarTrawler les chiffres du tourisme aérien représentent moins de 60% du trafic de 2019 et ne devraient pas retrouver de niveau pre-covid avant 2023.

Les levées de fond françaises dans la location automobile

Depuis sa création en 2016, la startup Virtuo est désormais une scaleup avec une croissance multipliée par 3 chaque année, 100 employés et 60 000 utilisateurs pour son service de location automobile 100% dématérialisé. Virtuo a réussi à lever 29 millions d’Euros en trois fois, la dernière levée de 20 millions d’Euros étant réalisée en février 2019 pour soutenir son développement en Europe.

La technologie est au cœur du développement de Virtuo puisque toutes les étapes de la location sont réalisées via une application mobile, pour réserver puis géolocaliser son véhicule, en prendre possession avec son téléphone comme clé, et réaliser l’état des lieux de restitution. Une nouvelle expérience client qui réduit au maximum les irritants traditionnels du secteur, entre attente au comptoir, paperasserie et complexité tarifaire.

Dans le contexte économique actuel, les ménages français et internationaux remettent en question le modèle de la possession d’un véhicule, un budget annuel d’environ 7000 Euros d’après Virtuo. Un boulevard donc pour le développement de tous les acteurs du marché de la location de véhicules.

Autre acteur français de la location automobile lancé en 2016, Toosla a également réalisé une importante levée de fonds en 2019 de 8 millions d’Euros. Toosla a choisi lui un positionnement « premium » axé sur la location courte durée de voitures haut de gamme, Mercedes, BMW ou Tesla suréquipées.

En 2019, Toosla revendiquait 1000 véhicules disponibles à la location. Un parc dont la croissance dépend aussi de la croissance de son modèle de franchise puisque les différents points de prise et dépôts de véhicules sont opérés par des entrepreneurs franchisés, responsables de l’achat des véhicules, de leur propreté et de la gestion de leur flotte.

Autre mouvement financier intéressant dans la chaîne logistique de la location, la levée de fonds de 2,2 millions d’Euros réalisée par Monk, spécialiste de la détection des dommages causés aux véhicules. Monk se concentre donc sur l’étape de l’état des lieux de restitution du véhicules, en l’automatisant avec du machine learning (deep learning et computer vision).

L’approche intelligence artificielle de Monk a séduit le spécialiste de l’autopartage Drivy (racheté depuis par l’américain Getaround). Mais Monk cherche aussi à développer une clientèle professionnelle avec des acteurs de la logistique, où le transfert de responsabilité est important.

Dans une interview aux Echos, les fondateurs de Monk indiquent aussi travailler avec un constructeur automobile allemand sur les cas de retour de leasing. Les assureurs pourraient aussi être intéressés pour des cas d’usage en gestion de sinistres. Les Echos précisent d’ailleurs que le fond d’investissement Iris, qui vient de participer à la dernière levée de fonds de Monk, est à la fois présent dans la mobilité (avec Virtuo) et dans l’insurtech (avec Shift Technology).

Séverine Godet

Plus d'articles Mobile

+ TOUS LES ARTICLES Mobile
  • Le sans-contact s’impose dans les nouvelles habitudes de consommation mobile

    L’année 2020 a été mouvementée. Sans rappeler chacun des grands moments et des périodes difficiles, le commerce, le e-commerce et le ...

  • Eric Carreel (Withings) : la technologie et la data nous permettent d’aller vers un mieux vivre

    Le 15 septembre se tenait...

  • Comment une entreprise peut-elle développer sa présence sur un assistant vocal ?

    IntroductionEn 2019, la France comptait près de 20 millions d'utilisateurs(1) d'assistants vocaux. Si les enceintes connectées pénèt...