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Focus sur le marché des banques d’images

Pas de beau contenu marketing sans une belle iconographie, que ce soit pour illustrer un article de blog, inciter au retweet ou donner envie de feuilleter votre dernier livre blanc. Les banques d’images se sont donc multipliées sur le marché, avec chacune leur positionnement et leur modèle économique, parfois difficile à comparer pour les acheteurs. Un rapide portrait de ce marché s’impose :

Etat du marché de la banque d’image

Le marché Mondial de l’image et vidéo d’illustration (ou “stock”) devrait générer plus de 4 milliards de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2023, si la tendance de croissance de 5% par année observée depuis 2017 se maintient (source étude Arizton, Stock Images and Videos Market - Global Outlook and Forecast 2019-2024). Selon cette même étude, les ¾ du marché sont dédiés à des usages éditoriaux, et ¼ aux usages commerciaux pour le marketing, la publicité, l’affichage, les sites web et réseaux sociaux et bien sûr désormais les besoins en images des nombreuses plateformes de streaming. C’est le e-commerce qui tire vers le haut la demande pour une iconographie toujours plus travaillée et déclinables sur toutes réseaux sociaux et exploitables dans les différents formats publicitaires proposés par les plateformes.

Qui sont les principaux acteurs mondiaux du marché de la banque d’image

Toujours selon la même étude, les 4 principaux acteurs du marché de la banque d’images sont Getty Images, Visual China Group, Shutterstock et Adobe. Parmi les autres acteurs de poids au niveau Mondial on remarque 123RF, Alamy, AP Images, Can Stock Photo, Coinaphoto, Death to Stock, DepositPhotos, Dissolve, Dreamstime, Fotosearch, Masterfile, Photofolio, Pixta, Pond5, Reuters Images, Stocksy, SuperStock, VideoBlocks, ImagesBazaar, Videvo, Pexels, et NHK Video Bank.

Sous la pression des principaux acteurs du marché, le prix des licences photos est en baisse, mais pour se démarquer avec des photos d’une qualité supérieurs il faut souvent accepter de payer un « premium ». Pas étonnant donc que quelques marketeurs peu scrupuleux n’hésitent pas à voler les photos d’instagrameurs pour leurs sites ou affiches. Autre arnaque en plein boom, celle des entreprises de « fast fashion » qui peuvent en quelques jours mettre sur le marché un produit « inspiré » d’un influenceur en utilisant son visage pour le vendre, à son insu bien sûr (de nombreux témoignages à découvrir dans cet article de Wired).

Mais au-delà du prix des photos, la différence se fait aussi désormais sur la praticité des outils avec par exemple l’initiative de Shutterstock pour proposer une gamme d’outils pour recadrer ou convertir les formats d’images. Adobe se son côté intègre sa banque d’image à son creative cloud pour proposer un environnement complet dédié à la création graphique, et met en avant sa démarche de « curation » de contenus pour faire émerger les photos et illustrations les plus originales.

Zoom sur Getty Image

L’américain Getty Image, fondé en 1995 est bien sûr un des piliers du marché de la banque d’image, avec un catalogue de plus de 375 millions de contenus et 310 000 contributeurs. Une des dernières initiatives marquantes de Getty est le lancement de son Visual GPS (février 2020), une étude basée sur 10 000 consommateurs dans 26 pays pour aider les marques à sélectionner des visuels répondant aux attentes d’aujourd’hui.

Getty a identifié 4 forces qui correspondent désormais aux goûts des consommateurs et orientent donc le choix de visuels :

  • le bien-être (wellness, qui correspond en fait à un accomplissement et une santé physique et spirituel, avec une montée de tendances comme la digital detox),
  • le développement durable (sustainability, 50% des répondants de l’étude déclarant n’acheter que des marques faisant un effort pour être « eco-friendly ». Getty annonce avoir revu une partie de ses images « traditionnelles », de vacances, de bbq, pour intégrer ces enjeux environnementaux),
  • la technologie (qui pour 97% des répondants de l’étude Visual GPS doit leur permettre de se sentir connecté, et qui peut aussi représenter un danger d’isolement et de mal être via les réseaux sociaux)
  • l’authenticité (realness, qui appelle à plus de transparence et d’honnêteté de la part des marques. 57% des répondants ayant déjà ressenti de la discrimination, sur leur âge, leur physique, leur sexe, leur race, ils sont sensibles aux efforts des marques pour être plus « inclusives » dans le choix de leurs visuels).

Clin d’œil à une initiative française de banque d’image

Face aux mastodontes du marché, il reste toujours de la place pour les petites agences de photographie, capables de fournir des clichés vraiment uniques, et à des initiatives faisant appel à des photographes amateurs aux clichés originaux.

Citons notamment Pic & Pick « la première banque d’image française et solidaire ». L’entreprise reverse 5% de son chiffre d’affaires à ses 7 associations et fondations d’entreprises partenaires, dont L'association France Alzheimer, et 50 % à ses photographes issus de la communauté Instagram.

Séverine Godet

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