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Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances : la tech est devenue un sujet politique

Jeudi dernier Criteo fêtait le premier anniversaire de son AI Lab.  JB Rudelle, le CEO de Criteo, en a profité pour rappeler que la structure dédiée à l’intelligence artificielle  est dotée d’un montant de 20 millions d’euros “c’est peu au regard du marché, mais extrêmement conséquent pour Criteo.” et compte 100 collaborateurs. 

JB Rudelle avait réuni pour l’occasion un très beau panel, et notamment Bruno Le Maire, Ministre de l’économie,, et Cédric O secrétaire d’Etat au numérique. Ce fut l’occasion d’en savoir un peu plus sur la vision du Gouvernement en matière d’intelligence artificielle et plus largement en matière de numérique. 

La tech est un sujet politique

L’IA est une question existentielle pour nos nations. Elle est aussi importante que l’a été la révolution industrielle au XIXème siècle : la nations qui sont passées à côté sont passées à côté de l’Histoire, et ont été vassalisées par les nations industrielles. 

Si la France veut réussir elle doit être souveraine en matière d’Intelligence Artificielle., 

A cette lecture de l’Histoire, Bruno Le maire ajoute une vision politique. La politique consiste à donner une vision à long terme, pour permettre aux acteurs, et notamment aux entreprises, de réussir.  

Les moyens financiers et fiscaux de l’AI

Il s’agit en premier lieu de garantir l’accès au financement. Le Ministre de l’économie a rappelé que 1,5 milliards  d’euros sont débloqués d’ici 2022 pour l’IA : 650 millions pour la recherche, et 850 millions pour l’amorçage. 

Il s’agit également d’utiliser le fond pour l’innovation de rupture, un fond indépendant du budget de l’Etat, doté de 10 milliards d’euros. Afin d’alimenter ce fond, l’Etat va poursuivre la cession d’actifs, notamment la FDJ. Il reste que ce fond doit devenir européen.  

Bruno Le maire a cité des types de projet qui entre dans le cadre du fond pour l’innovation de rupture :

  • le diagnostic médical par l’image
  • la cybersécurité
  • la certification des algorithmes, par exemple la certification des logiciels utilisés pour les voitures autonomes

Bruno Le maire a enfin exprimé son soutien au crédit impôt recherche, qui représente 6 milliards d’euros. .

Une vision de la data

Elle s’articule autour de 4 quatre points 

  • l’open data : Bruno Le maire appelle à un meilleur partage des donnés entrée l’administration et les entreprises
  • données sensibles : certaines données ne sont pas et ne doivent pas être partageables : notamment les données de santé, et les données politiques. Les données politiques qui peuvent être exploitées en vue d’orienter les choix politiques comme on a pu le voir avec le scandale autour de Cambridge Analytica  Le modèle européen se distingue du reste du monde par la protection de la vie privée 
  • clous et souveraineté la protection des données par le stockage dans des clouds français et européens. Aujourd’hui les données sont stockées essentiellement sur des clouds américains, or  depuis la Cloud Act, toute administration américaine, sans même avoir à obtenir l’autorisation d’un juge, peut demander laccès aux données qu’elle souhaite sans qu’une entreprise ou une organisation n’ait le moindre recours pour s’y opposer. Bruno Le maire souhaite la fin de l’extraterritorialité en la matière. Il a rappelé la mise en place d’un cloud de confiance en partenariat avec Dassault Systèmes et Ovh,  actif dès 2020, et au-delà les entreprises allemandes et françaises du cloud travaillent sur le sujet.
  • Enfin, l’intelligence artificielle, si elle est naturellement d’abord portée par des entreprises tech, elle doit être  au cœur du fonctionnement de toutes les entreprises 

Stratégie européenne

Elle repose sur deux piliers, offensifs et défensifs 

Offensif

Cédric O a rappelé les montants alloués par la Chine (décision publique) et les Etats-Unis (investissements privés) : 40 milliards de dollars chacun. Impossible pour la France de s’aligner seule sur des tels montants, la stratégie ne peut être qu’européenne. Le fond pour l’innovation de rupture doit devenir un fond européen. Pour Bruno Le maire il est temps de mettre en place l’union des marchés des capitaux. Les entreprises européennes doivent trouver, en Europe, des fonds capables de suivre de grosses levées, de 100 millions d’euros ou plus, et non pas lever auprès de fonds américains et enfin être rachetés par des entreprises américaines.. Pour Bruno Le maire, “La France n’a pas la vocation à être l’incubateur des géants digitaux américains”.

Défensif

  • La procédure anti-trust doit être renforcée en Europe, et de fait le débat a aujourd’hui lieu aux Etats-Unis, menés par les élus du congrès politiques et certaines agences fédérales. Pour Bruno Le maire, une entreprise, en l’occurrence une grand plateforme, ne peut proposer à la fois des activités B to C et des activités B to B.  
  • Enfin, les entreprises tech ne peuvent mener des activités qui touchent à la souveraineté : le Ministre a rappelé son opposition l’existence en Europe de Libra la cybermonnaie de Facebook

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