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Le low tech : faire rimer technologie et durabilité


Sergey Nivens / Shutterstock

La technologie est partout dans nos vies, tous les métiers même les plus traditionnels ont aujourd’hui une dimension « high tech » et nos loisirs sont de plus en plus numériques et même virtuels. Mais face à cette overdose numérique certaines pratiques analogiques perdurent, comme le livre papier, les machines à écrire à l’ancienne, la photo argentique ou encore le disque vinyle. Plus largement, le low tech et l’upcycling s’affirment comme une tendance et portent des valeurs recherchées dans notre société : l’authenticité, la productivité et la durabilité.

Définition du low tech

Le low tech, ou « basse technologie » en opposition aux « hautes technologies », regroupe un ensemble de pratiques et outils pour fournir des produits et solutions simples, réparables et respectueuses de l’humain. Le low tech intègre aussi certaines pratiques comme le recyclage ou l’upcycling (récupération de matériaux ou d’objets pour les transformer en vue de nouveaux usages), le zéro déchet, les circuits courts ou encore l’économie circulaire.

Car le low tech est aussi une réponse à la face cachée de notre consommation actuelle des technologies : l’utilisation de matières toxiques, l’exploitation de ressources non renouvelables comme les hydrocarbures et les terres rares, et la production de déchets électroniques encore trop peu recyclés.

Symbole du low tech : Le surprenant retour des machines à écrire

Les marques Underwood, Smith-Corona ou encore IBM Selectric sont aujourd’hui recherchées sur les sites de vente en ligne par une nouvelle génération qui pourtant n’a jamais de son vivant connu l’ère des machines à écrire manuelles. Quelles qualités les « millenials » voient-ils dans ces objets « vintage » ? D’après Paul Schweitzer, 79 ans, propriétaire du magasin Gramercy Typewriter Co. à Manhattan les gens aiment à nouveau les machines à écrire à l’ancienne car « elles nous ramènent à une époque au rythme plus lent, à des temps plus calmes ». Parmi ses clients, l’acteur Tom Hanks, grand collectionneur de machines à écrire ou encore le réalisateur Steven Spielberg qui a un jour offert 25 machines à ses collaborateurs les plus proches, accompagnées d’un mot de remerciement tapé sur chaque machine. L’authenticité de la machine à écrire en fait donc un objet désirable. Pour Mike Nichols, réalisateur du documentaire « California Typewriter », il est aussi question de « provoquer une réflexion sur le changement de dynamique entre l’homme et la machine, et de reconsidérer notre relation avec la technologie, récente ou ancienne. Alors que l’ère numérique met l’accent sur la vitesse et la facilité, qui sert qui, l’humain ou la machine ? ».

Autre intérêt de la machine à écrire manuelle : booster le processus créatif en canalisant l’auteur sur une feuille blanche, non connectée à internet et ses distractions, et sans possibilité de revenir en arrière pour corriger ses erreurs (sauf avec du Tipp-ex). Certains auteurs préfèrent également réaliser leur premier jet au crayon, c’est le cas de J.K. Rowling ou encore Margaret Atwood, auteur de « la servante écarlate » (The handmaid’s tale).

Au-delà de l’authenticité, la durabilité et le respect de l’environnement

Partout dans le monde, des innovations techniques low tech, simples, accessibles et durables sont développées à échelle locale pour répondre à des problématiques vitales, économiques ou environnementales. Le « Low-tech Lab » est une association française qui les repère, les expérimente et les documente de façon collaborative pour les rendre accessibles à tous, dans les pays en voie de développement mais aussi pour ceux qui recherchent un mode de consommation durable. Depuis 2016 le créateur du Low tech lab, Corentin de Chatelperron réalise un tour du monde des solutions low tech pour les repérer. En 2018 il a vécu 4 mois sur un catamaran au large d’une île Thaïlandaise pour tester 30 solutions low tech, comme un pyroliseur de plastique pour produire du carburant, des briquettes de bio charbon à partir de déchets agricoles, en encore un zeerpot (ou frigo du désert) fabriqué avec des matériaux de récupération. 

Le low tech n’a donc pas que vocation à alimenter notre nostalgie et à limiter notre addiction au numérique. Il peut aussi être la réponse aux problèmes quotidien de nombreuses populations et nous aider à faire face aux défis sociaux et environnementaux à l’échelle mondiale.

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