E-Commerce/Paiements

Olivier Chouvet, Glamour Sales : Les tribulations d’un français dans l’Ecommerce chinois

Olivier Chouvet, serial entrepreneur et éternel curieux a monté l'agence Emotion en Chine. Une agence d'événementiel revendue à Publicis il y a quelques années avant de se lancer dans un pari fou : monter un site de ventes privées de marques de Luxe en Chine et au Japon : Glamour Sales qui réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires de près de 50 millions de dollars en croissance de 100% par an. Portrait d'un optimiste.

Viuz : Comment se porte Glamour Sales ?

Olivier Chouvet : Très bien, merci, nous sommes ravis de notre position en Chine et au Japon, en 3 ans, nous sommes devenus leaders de notre catégorie avec 3 millions de membres, une croissance supérieure a 100% cette année, des partenariats avec plus de 650 marques, 320 collaborateurs et une superbe Joint Venture avec le groupe Américain Neiman Marcus (leader mondial de la distribution de produits de luxe avec 42 department stores et 800 Millions de dollars réalisés online aux USA) signé en Mars dernier...

Glamour Sales est une aventure humaine et entrepreneuriale exceptionnelle. Le fait de développer cette start up à très forte croissance, au japon et en chine est de plus un challenge quotidien !

Viuz : Qui comptez vous dans votre tour de table ?

Olivier Chouvet : Neiman Marcus, Axa private Equity, Mandra Capital, Mitsui (MGI), et mes 2 associés historiques, Alain Soulas et Thibault Villet. Nous avons levé 62 millions de dollars depuis le lancement de Glamour Sales.

Viuz : De nombreux acteurs dont des Français se sont cassé les dents sur l'Ecommerce Chinois. Quel est votre secret ?

Olivier Chouvet : Cela fait 10 ans que je suis a Shanghai, j'y ai développé 4 entreprises avant de lancer Glamour sales. J'ai des équipes, du réseau et je comprends peut être un tout petit peu plus ce qu'il se passe au jour le jour, mais j'apprends chaque jour.

Je suis également très très bien entouré, avec des liens de confiance forts. Nous sommes presque 600 personnes toutes entreprises confondues entre les 2 pays. Nous avons très peu de turn-over, nos équipes et partenaires sont notre force.

En revanche, les arcanes shanghaiennes et les négociation en Chinois ne sont pas simples.

Je débute souvent les projets difficiles a Tokyo, c'est le meilleur laboratoire, je lance ensuite en Chine 12-18 mois après le japon.

c'est la 3ème entreprise que nous lançons avec Alain en partant du japon et fondée sur l'expertise consommateur/client développée a Tokyo.

En Chine pour un entrepreneur, il faut forcement démarrer petit et accepter de se donner 12-18 mois pour apprendre.

Malheureusement, les très jeunes sans financement ni expérience on très peu de chance de réussir, et les plus âgés sont trop souvent très impatients.

Le rapport au temps est ici diffèrent, c'est l'orient. Il ne faut pas essayer de signer/dealer au plus vite, ce qu'il faut c'est avant tout apprendre à se connaitre et se respecter.

La valeur du contrat est de toute façon tellement relative. Tout est basé sur le rapport humain. C'était très différent en 2003 comparé à aujourd'hui.

Viuz : Quelles sont vos principales leçons en tant qu'entrepreneur ?

Olivier Chouvet : Que dire... "Après la pluie, le déluge" mais il finira toujours par faire beau.

Dans les pires moment de stress, il faut concentrer son énergie pour lancer des dernières tentatives. Parfois ça passe.

Le partage est pour moi primordial, dans le succès comme les difficultés, l'unique intérêt est de partager :
mon épouse Isabelle est a mes côtés depuis 27 ans, nous avons tout développé ensemble et sans elle, je ne serais jamais parti de Paris pour bâtir cette aventure.

Le voyage, l'international, la chine et le japon, ont par ailleurs des effets démultiplicateurs... De joies et de stress. Mais je suis persuadé que cette forme de mondialisation réinventée par les Chinois va rayonner pour longtemps, comme New-York ou San Francisco à une époque, il se prépare ici un nouveau Millénaire. C'est très très excitant d'être au milieu de ce tourbillon.

Viuz : Une phrase qui vous porte ?

Olivier Chouvet Des centaines, j'adore utiliser des "phrases" ou situations vécues pour illustrer des situations, mais pas une en particulier qui me porte. J'ai eu besoin de développer trop de facettes de ma personnalité pour m'adapter localement pour avoir au final une seule phrase a citer.

Lorsque je suis arrivé au Japon, un vieil expat ne cessait de me dire "Quand je suis arrivé au bout d'une semaine, je voulais écrire un livre sur tout ce que je découvrais, au bout d'1 mois il m’était difficile d’écrire une lettre, et après un an, je n'avais plus de mot pour décrire ce que je vivais, ressentais.."

Je trouvais cela un peu ridicule comme remarque a l’époque, mais voila, 12 ans après, je suis devenu incapable de décrire quoi que ce soit par une phrase simple.

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