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Le magasin plus fort que le web : renversement de tendance ?

Une simple statistique finement analysée par Cardlytics, une plateforme publicitaire spécialisée dans les programmes de fidélité des banques et cotée en bourse, vient remettre les pendules post-pandémiques à l’heure. Alors que l’e-commerce connaîtrait une croissance nulle au 1er trimestre 2021, les magasins physiques verraient leurs revenus continuer de croître. La croissance des brick & mortars serait de 3%. Ce aux Etats-Unis. 

On assiste à un renversement de tendance. Est-il provisoire ? Le contexte trouble y est pour quelque chose, marqué par la crise des approvisionnements, la guerre en Ukraine, l’inflation et la perspective d’un remontée des taux d’intérêt. 

Il serait le signe de la récession tant redoutée, dans laquelle les Etats-Unis seraient entrés ou pourraient entrer de façon imminente. Les économistes pensent que le PIB aurait connu outre Atlantique une croissance négative au deuxième trimestre. Ce qui voudrait dire que la baisse a concerné deux trimestres consécutifs : par consensus, la définition même de la récession. 

Ce nouveau contexte annonce-t-il plus fondamentalement une petite contre-révolution dans la consommation, après le boost du digital pendant et même après la pandémie ? 

Rappelons que, selon Kantar, alors que le marché mondial de l'alimentaire affichait encore une croissance de 2,1 % en 2021, maintenant les niveaux de 2020 pendant la pandémie, la part du e-commerce dans le marché de l'alimentaire a continué  d'augmenter : de près de 15 % de croissance en 2021 après une croissance d'environ 50 % en 2020. En 2021, 40 % des consommateurs faisait désormais leurs courses en ligne. L’achat en ligne semblait même permettre des strategies d'adaptation à l'inflation pour les achats alimentaires. 

photo : Khushbu hirpara sur Unsplash